Résumés
Résumé
La modernité occidentale s’est posée comme l’universel et elle a annoncé au reste des sociétés et des civilisations qu’elles devaient se désincarner de leur culture et de leur histoire pour la rejoindre dans cet universel. Ce fut son moment colonial. Maintenant qu’il se découvre des « particularités », l’Occident moderne double down au lieu de reculer et se désincarne lui-même pour correspondre à son idéologie (en commençant par l’Europe) et pour rester au centre du mouvement qu’il a amorcé. C’est son moment décolonial : « n’être rien soi-même pour pouvoir tout accueillir » devient le slogan crépusculaire d’une ultime supériorité, imaginaire.
Abstract
Western modernity proclaimed itself as a universal and announced to the rest of societies and civilizations that they must disembody themselves from their culture and history so to join in this universal. This was its colonial moment. Now that it is discovering its « peculiarities », the modern West is doubling down instead of retreating, and disembodies itself to correspond to its ideology (starting with Europe) and to remain at the center of the movement it initiated. This is its decolonial moment: « being itself nothing in order to be able to welcome everything » becomes the twilight slogan of an ultimate, imaginary superiority.

