Résumés
Résumé
Cet article traite d’une question rarement abordée et pourtant cruciale dans le monde académique: l’hégémonie épistémique de la langue anglaise et ses effets néfastes sur les personnes chercheuses non anglophones. En nous appuyant sur des écrits existants, des notions théoriques de nature éthique et nos savoirs expérientiels, nous mettons en lumière certaines des injustices épistémiques et linguistiques au cœur de la recherche. Cette domination linguistique sape la crédibilité de certaines personnes chercheuses, perpétue l’exclusion et a un impact sur la production de connaissances. Nous réalisons des exercices de pensée à partir d’expériences vécues pour illustrer comment cette hégémonie linguistique pénalise les personnes qui sont contraintes d’écrire, de présenter et de publier dans une langue autre que leur langue maternelle. Ces pratiques accentuent les sentiments de honte, érodent la confiance en soi et restreignent l’accès aux financements, aux distinctions et aux lieux de publication réputés. Nous utilisons le coin model de Nixon pour souligner comment des privilèges non mérités sont conférés aux personnes chercheuses anglophones, alors que les personnes chercheuses non anglophones sont confrontées à plusieurs barrières invisibles. Bien que l’anglais puisse servir de médium unificateur en science, son hégémonie réduit la diversité des perspectives, pourtant nécessaires pour faire face aux crises mondiales urgentes. Les injustices linguistiques et épistémiques nuisent non seulement à la carrière des personnes chercheuses non anglophones, mais aussi à l’effort scientifique collectif, en excluant des corpus de connaissances publiées ou partagées dans d’autres langues que l’anglais. Suivant Amano et ses collègues, nous plaidons en faveur d’une diffusion multilingue, d’un engagement conscient à l’égard des écrits non anglophones et d’une reconnaissance des contributions des personnes chercheuses non anglophones. Il importe d’établir un dialogue plus ouvert en faveur de la diversité linguistique en recherche.
Mots-clés :
- injustice épistémique,
- injustice linguistique,
- domination de la langue anglaise,
- personnes chercheuses non anglophones,
- inégalités académiques,
- diversité linguistique
Abstract
This article discusses a rarely addressed yet pivotal issue in academia: the epistemic hegemony of the English language and its detrimental effects on non-English-speaking researchers. Drawing on existing literature, ethical theoretical concepts, and our own experiential knowledge, we illuminate some of the epistemic and linguistic injustices embedded in academic systems. This linguistic domination undermines scholarly credibility, perpetuates exclusion, and affects knowledge production. We integrate thought experiments based on personal experiences to illustrate how this linguistic hegemony penalizes those compelled to write, present, and publish in a language other than their mother tongue. Such practices heighten feelings of shame, erode self-confidence, and restrict access to funding, honours, and reputable publication venues. We employ Stephanie Nixon’s coin model to underscore how unearned privileges are conferred on native English speakers while non-English-speaking academics face myriad invisible barriers. Although English may serve as a unifying medium, its disproportionate dominance curtails the diversity of perspectives needed to address pressing global crises. Linguistic and epistemic injustices harm not only individual researchers’ careers but also the collective scientific endeavour by excluding vast bodies of knowledge published or shared in other languages. Building on Amano et al., we advocate for multilingual dissemination, conscious engagement with non-English literature, and recognition of non-English-speaking researchers’ contributions. There needs to be broader dialogues aimed at upholding and celebrating linguistic and cultural diversity in research.
Keywords:
- epistemic injustice,
- linguistic injustice,
- English-language dominance,
- non-English-speaking researchers,
- academic inequities,
- linguistic diversity
Parties annexes
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