Résumés
Abstract
In 2021, French President Emmanuel Macron announced that the French government would make classified archives about the Algerian War accessible 15 years ahead of schedule, in an effort to improve Franco-Algerian relations. The announcement, which came after decades of requests that the archives be returned to Algeria, seemed to be a good-faith effort to address France’s difficult heritage with respect to the Algerian War (1954–1962) – particularly the widespread use of torture and the “disappearing” of dissidents during the war. The Algerian War has always occupied a contentious place in French history, having been largely left out of history textbooks and referred to as a war only after 1999. By opening the archives ahead of schedule, Macron seemed to commit the French government to healing generational wounds and improving relations with Algeria. The declassification of Algerian archives led the status of the Algerian War and, as a result, that of Algerian immigrants in contemporary France, to become major talking points for candidates on the right and on the left during the 2022 presidential election. While the opening of the archives appears to have done away with the archival silence that has shrouded the history of the war, this article will argue that France and its political actors have selectively lifted archival silence to privilege certain narratives and continue to silence others.
Résumé
En 2021, le président de la France Emmanuel Macron a annoncé que le gouvernement français allait rendre accessibles les archives classifiées de la guerre d’Algérie 15 ans en avance sur le calendrier, dans le but d’améliorer les relations franco-algériennes. Cette annonce, qui fait suite à des décennies de demande de restitution des archives à l’Algérie, semblait être un effort de bonne foi pour remédier au difficile héritage de la France en ce qui concerne la guerre d’Algérie (1954–1962), en particulier l’utilisation généralisée de la torture et la « disparition » de dissident.e.s durant la guerre. La guerre d’Algérie a toujours occupé une place controversée dans l’histoire de la France, ayant été largement exclue des manuels d’histoire et qualifiée de guerre seulement après 1999. En rendant les archives accessibles en avance sur le calendrier, Macron semblait engager le gouvernement français à panser les blessures générationnelles et à améliorer les relations avec l’Algérie. La déclassification des archives algériennes a fait du statut de la guerre d’Algérie et, par conséquent, de celui des immigrant.e.s algérien.ne.s se trouvant en France, un sujet de discussion majeur pour les candidat.e.s de droite et de gauche lors de l’élection présidentielle de 2022. Alors que l’accès aux archives semble avoir mis fin au silence archivistique qui a occulté l’histoire de la guerre, cet article soutiendra que la France et ses acteurs politiques ont sélectivement levé le silence archivistique pour privilégier certains récits et continuer d’en étouffer d’autres.
