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Book ReviewsComptes rendus de livres

Gil Mayencourt, Sébastien Cala, Anna Amacher Hoppler et Claude Hausser (dir.), Pouvoir et emprise du sport : Pour une histoire croisée du tourisme et du sport depuis le XIXe siècle, Neuchâtel : Alphil-Presses universitaires suisses, 2024, 380 pages[Notice]

  • Malek Bouhaouala

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  • Malek Bouhaouala
    Université Grenoble Alpes

L’objectif général de cet ouvrage collectif est de clarifier, du point de vue de l’histoire sociale et culturelle, la relation entre le sport et le tourisme à partir de leurs développements en Suisse. Composé de 16 contributions, hors introduction et épilogue, l’ouvrage comprend un cadrage théorique suivi de trois parties. Ces dernières renvoient à une organisation des contributions en trois échelles d’analyse correspondant aux rôles des espaces, des institutions et des individus qui ont participé à l’émergence et au développement de cet important domaine d’activité socio-économique. La partie dite « cadrage » s’attache à expliciter la pertinence d’une approche conceptuelle fondée, d’une part, sur l’hypothèse de l’association du sport et du tourisme, et d’autre part, sur la mobilisation de trois niveaux d’analyse : l’individu, l’espace, l’institution. Il s’agit de montrer, sans les articuler explicitement, les rôles distincts, mais complémentaires, de ces niveaux dans la construction d’une offre « touristico-sportive ». De plus, les auteurs visent à appréhender cette relation en la considérant comme « oscillant entre collaboration et confrontation » (p. 17). Ceci me semble difficilement tenable, car le tourisme sportif a été plutôt fondé sur la convergence de logiques sociologique et économique communes aux deux sphères d’activités. On comprend alors que l’objectif de ce cadrage conceptuel est de traiter à partir de travaux historiographiques les questions épineuses qui ont animé les nombreux travaux de définitions du « tourisme sportif » (voir le Journal of Sport & Tourism, la revue Téoros, etc.) : qui du tourisme ou du sport a intégré l’autre ? Le sport a-t-il été au service du tourisme ou le tourisme a-t-il permis la diversification du sport ? Quels rôles ont joué les individus, les sociétés et les marchés dans cette dynamique ? Sur le plan théorique, la démarche est stimulante, mais elle appelle nécessairement une approche pluridisciplinaire et croisée qui a manqué ici. Ceci s’explique par les difficultés méthodologiques que cela engendre, notamment en raison de la combinaison d’approches micro et macro. Cela étant, cette complexité constitue également l’une des forces de l’ouvrage, en ce qu’elle ouvre de nouvelles pistes de réflexion sur un sujet encore peu exploré dans cette configuration. Enfin, l’éclairage apporté par l’ouvrage à partir de travaux sur le développement du tourisme et du sport dans les Alpes suisses me semble pertinent et intéressant compte tenu la spécificité géographique de la Suisse, dont près de 80 % du territoire est constitué de zones montagneuses. La Partie 1, intitulée « Espaces », est consacrée au rôle du tourisme et des sports dans l’industrialisation de la montagne, notamment par le biais des sports d’hiver et de l’automobilisme. Il aurait cependant été intéressant d’explorer plus explicitement la manière dont l’espace montagnard a favorisé le rapprochement entre les deux sphères d’activités. En effet, les loisirs et les sports de montagne ont fortement participé à la mise en tourisme d’un espace jusqu’ici hostile et austère, initiant ainsi sa reconversion socio-économique au début du XXe siècle. Par ailleurs, le terme « industrialisation » n’est pas utilisé dans le même sens par tous les contributeurs de cette partie. L’article d’Annette R. Hofmann montre comment les sports d’hiver et les infrastructures relatives ont contribué à la modernisation du village de montagne d’Oberstdorf. Ensuite, Tiphaine Robert aborde l’avènement de l’automobilisme dans les Grisons suisses, mais en insistant davantage sur la résistance locale à la voiture qu’à son rôle dans l’aménagement des routes d’accès aux stations de montagne. Le chapitre de Caterina Franco apporte un éclairage sur cette industrialisation à travers les aménagements d’hébergement dans la formation des stations de ski dans les Alpes françaises, italiennes et suisses. Enfin, Grégory Quin, …

Parties annexes