Résumés
Abstract
This article examines Chinese Canadian author Ying Chen’s Les Lettres chinoises through the lens of non-belonging, translingual writing, and the poetics of the non-dit. Building on Rosalind Silvester’s concept of “non-belonging” and Roland Barthes’s notion of écriture blanche, it argues that Chen transforms neutrality and universalism into a translingual mode of meaning production grounded in silence, omission, and ambiguity. At the center of the novel lies a “double absence”: the suppression of Chinese in a text that paradoxically foregrounds it in its title, and the refusal to name the real cause of the couple’s estrangement. Through close readings of the novel’s epistolary form, its use of Chinese cultural imagery, and its multilingual references to Mandarin, Shanghainese, and French, this article demonstrates how the non-dit structures both the representation of exile and the unfolding of the love triangle. It further demonstrates that exile in Chen’s novel is not merely geographic, but also linguistic, affective, and psychological. Ultimately, Les Lettres chinoises reimagines non-belonging not as absence alone, but as a generative condition through which identity, desire, and memory are continuously negotiated.
Keywords:
- Ying Chen,
- Les Lettres chinoises,
- non-dit,
- exile,
- translingual writing
Résumé
Cet article examine Les Lettres chinoises de l’écrivaine sino-canadienne Ying Chen à travers les notions de non-appartenance, d’écriture translingue et de poétique du non-dit. En s’appuyant sur le concept de « non-appartenance » développé par Rosalind Silvester ainsi que sur la notion d’écriture blanche de Roland Barthes, il soutient que Chen transforme la neutralité et l’universalisme en un mode translingue de production de sens fondé sur le silence, l’omission et l’ambiguïté. Au coeur du roman se trouve une « double absence » : d’une part, l’effacement du chinois dans un texte qui le met paradoxalement en avant dans son titre ; d’autre part, le refus de nommer la vraie cause de l’éloignement du couple. À travers l’analyse de la forme épistolaire, de l’imaginaire culturel chinois et du jeu entre le mandarin, le shanghaïen et le français, cet article montre comment le non-dit structure à la fois la représentation de l’exil et le déploiement du triangle amoureux. Il démontre également que l’exil ne se limite pas à une réalité géographique, mais relève aussi de dimensions linguistiques, affectives et psychiques. Les Lettres chinoises propose ainsi une reconfiguration de la non-appartenance, non comme simple absence, mais comme une condition génératrice à travers laquelle identité, désir et mémoire se redéfinissent continuellement.
Mots-clés :
- Ying Chen,
- Les Lettres chinoises,
- non-dit,
- exil,
- écriture translingue
Parties annexes
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