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Recensions

Lemieux, O. (2023). Penser l’histoire et son enseignement au Québec. Presses de l’Université Laval[Record]

  • Dominique Laperle

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  • Dominique Laperle
    Université du Québec à Montréal

Le livre regroupe onze entretiens avec Guy Rocher, Denis Vaugeois, Bruno Deshaies, Michel Allard, Micheline Dumont, Christian Laville, Gilles Berger, Jacques Robitaille, Brian Young, Robert Comeau et Jacques Beauchemin. Toutes ces personnes ont contribué de façon importante au monde de l’éducation québécois, ont enseigné à différents échelons du système scolaire ou se sont retrouvées à occuper des postes de fonctionnaires ou d’acteurs pédagogiques dans les commissions scolaires ou au ministère de l’Éducation. Enfin, tous se sont intéressés à l’évolution du système scolaire et plusieurs n’ont pas hésité à militer au sein de différentes associations pour protéger des acquis ou provoquer des changements. Lemieux a appliqué un canevas globalement similaire à toutes les entrevues, afin de pouvoir reconstituer « le récit de la genèse et des legs des controverses liées aux programmes d’histoire du Québec […] à partir de la perspective de certains acteurs clés » (p. 3). Chaque rencontre débute par un survol du parcours personnel des acteurs. Comme chaque personne interrogée n’a pas participé à la rédaction des mêmes documents, des sous-questions replacent dans le temps les actions, les protagonistes, les thèmes, les objets de débats et les solutions adoptées. Lemieux poursuit son questionnement avec le truisme de la place de l’histoire nationale dans la carrière de chacun. Cette petite lapalissade permet toutefois de dégager la place surprenante de la littérature dans le cursus de plusieurs des interviewés, mais aussi des variantes didactiques et pédagogiques qui se dégagent des réponses. Outre des questions précises sur la genèse participative des témoins aux différents débats et à la rédaction des documents liés à l’enseignement de l’histoire, Lemieux revient systématiquement sur les jeux et les actions des groupes de pression dans les différentes époques et l’héritage de chacun au domaine de l’enseignement de l’histoire. Parmi ces questions, deux aspects nous semblent intéressants : la formation des enseignants et les finalités de l’histoire. Plusieurs auteurs mentionnent qu’il y a « excès de pédagogisme » (Deshaies, p. 63) et que les nombreux départs au sein du corps enseignant après cinq ans d’exercice s’expliqueraient essentiellement par le fait que les jeunes diplômés constatent des lacunes dans leur formation, ce qui rend l’exercice de leur travail difficile. Ils affirment l’importance d’ajouter des cours de culture générale et de didactique de l’histoire, afin d’habiliter la nouvelle génération enseignante à la transmission de l’approche critique chez les élèves. Pour cela, les futurs enseignants doivent exposer une excellente maîtrise de la langue écrite et orale et tous les interviewés s’entendent sur l’importance du rehaussement des critères d’admission dans les universités tout comme d’assurer l’attractivité de la profession en offrant un bon salaire aux jeunes afin de mettre fin aux pénuries. Sur la question des finalités de l’histoire, on peut résumer les positions du groupe en quelques idées. « Le passé doit nous être présent » (Rocher, p. 25) et il importe de former des têtes où s’équilibrent les connaissances et les compétences. Il faut « former l’esprit critique » des jeunes afin qu’ils puissent « vivre dans le présent, [et] envisager l’avenir » (Laville p. 111). Ainsi, en comprenant et en relativisant le présent, les nouvelles générations seront à même de mieux saisir le cheminement de la collectivité québécoise. On notera au passage qu’à part la posture iconoclaste de Jacques Robitaille, le seul à dire que l’histoire occupe trop de place, tous s’entendent pour dire qu’elle devrait être bonifiée, pourvu que l’on évite les redites liées à un manque de verticalité entre le primaire, le secondaire et le collégial. Ce livre prolonge les réflexions des travaux de Marc-André Éthier et David Lefrançois, ou de Félix Bouvier et Charles-Philippe Courtois. …

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