Abstracts
Résumé
À partir d’entretiens compréhensifs réalisés avec sept jeunes actifs (chômeurs ou travailleurs) en 2006, nous analysons trois conflits du travail atypiques, mais pourtant représentatifs de l’époque contemporaine : le conflit des stagiaires (2005) d’abord, le conflit des chômeurs (1997) ensuite, le conflit des intermittents du spectacle (2003), enfin. Si ces conflits n’ont pas concerné directement tous les interviewés, de fréquentes ruptures d’emploi (licenciements la plupart du temps) jalonnent cependant les parcours de chacun, faisant d’eux des « intermittents de l’emploi ».
Comment acceptent-ils ce statut qui les tient à l’écart des luttes politiques ? Trois interviewés sont tournés vers l’espoir que se présente la bonne opportunité d’embauche ; une autre bénéficie d’un diplôme qui la protège du chômage ; deux chômeurs s’ingénient à mener une existence à l’écart du marché de l’emploi ; un dernier, le plus âgé, est le seul à bénéficier d’un emploi stable qui lui convient. De la sorte, les seuls conflits du travail les concernant sont les règlements juridiques des licenciements : conflits qui, à la différence de la grève, ne sont pas livrés à la publicité et ne sont pas socialisateurs.
