Abstracts
Résumé
Comme la confection autrefois, la grande distribution constitue aujourd’hui une industrie de main d’oeuvre dans laquelle il s’agit de tirer les bénéfices d’une utilisation rationnelle des employés. Dans un contexte qui depuis quelques années connaît un ralentissement au niveau national, générer de nouveaux profits passe pour les enseignes dominantes par le développement de politiques d’internationalisation-externalisation couplées à un remodelage de l’organisation du travail à l’échelle nationale. Quelles sont les conséquences de cette refonte de l’organisation sur l’engagement des salariés ? Deux constats émergent de notre recherche. D’une part, au sein des points de vente, l’évolution du procès de travail repose sur une réactivité différenciée exigée des salariés selon leur statut, reflétant une mise en flux tendu du travail à effectif restreint. D’autre part, les rapports sociaux au sein des points de vente ainsi qu’au sein du groupement sont marqués par une absence d’autorité hiérarchique directe alors que se maintient un fort contrôle limitant la formation de collectifs ou de toute forme de contre-pouvoir. Cette nouvelle organisation permet de vaincre l’ennui et la monotonie d’un travail répétitif, mais entraîne progressivement chez les salariés la remise en question à la fois de leur rôle et de leur affirmation identitaire par leur travail.
