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Comptes rendus

Alliance et traités avec les peuples autochtones du Québec. L’histoire de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk : la nation malécite du Saint-Laurent, Camil Girard et Carl Brisson. Presses de l’Université Laval, Québec, 2021, 365 p.[Record]

  • Jean-Rémi Carbonneau

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  • Jean-Rémi Carbonneau
    Famille Jenniss
    Département de littératures et de langues du monde, Université de Montréal

Fruit d’un partenariat avec le Grand Conseil de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk (PNWW), ce livre combine l’expertise de l’historien Camil Girard et du géographe Carl Brisson (tous deux chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi) qui examinent le parcours des Malécites du Québec depuis la Nouvelle-France jusqu’à la période actuelle. Mobilisant un grand nombre de sources incluant des archives sur la tenure seigneuriale, des cartes historiques, des statistiques et un corpus d’études réalisées par des experts de différents domaines, qui comprennent les travaux de commissions d’enquête, les auteurs ont cherché « à déconstruire une histoire coloniale et endocoloniale » afin de comprendre « comment cette nation est entrée dans l’oubli et, surtout, comment elle a pu renaître à la suite d’une dispersion subie lors de la perte de leur terre en 1869 » (p. 6). Comme ils l’indiquent eux-mêmes, cet ouvrage constitue le troisième opus d’une série sur les traités et les alliances des peuples autochtones au Québec (Girard et Brisson 2014, 2018). Partant de l’« hypothèse que les alliances sont au coeur de la relation coloniale qui se tisse entre les Peuples autochtones et la France ou l’Angleterre en Nouvelle-France et au Québec » (p. 1), les auteurs étayent leur « lecture historique et géographique de la présence de la nation malécite du Québec » (p. 4) à travers une démarche méthodologique claire (esquissée aux pages 4 et 5) et sept chapitres, dont l’équilibre et l’organisation – il faut le dire – laissent parfois à désirer. L’ouvrage s’ouvre avec un avant-propos fort éclairant sur l’« orientation de recherche », incluant une revue de la littérature sur l’étude de la nation wolastoqey. Celui-ci met la table pour le chapitre d’introduction qui lui se penche sur le contexte historique général de la politique à l’égard des peuples autochtones au Canada, ainsi que sur les prémisses colonialistes de la terra nullius, de l’extinction des droits autochtones sur les territoires ancestraux et du système de réserves « qui amorce une forme de déportation interne des Autochtones » (p. 14, gras dans l’original). Ces deux courts chapitres (en tout moins de 20 pages) auraient gagné à être fusionnés au sein d’un plus grand chapitre d’introduction. Ceux-ci sont suivis d’un court chapitre 1 (15 pages) intitulé « De l’avant contact aux premières rencontres maritimes », qui présente un peu pêle-mêle les fondements historiques et archéologiques de l’occupation wolastoqey autour du fleuve Saint-Laurent, la politique d’alliance des Espagnols en Amérique (qui aurait influencé celle de Samuel de Champlain) et les premiers contacts des Autochtones avec les pêcheurs et marchands européens au xvie siècle. Ce chapitre s’enchaîne sur le très ambitieux et interminable chapitre 2 (97 pages !). Ainsi que le remarquent les auteurs, « [l]a politique française d’alliance qui débute en 1603 et qui trouve son aboutissement avec la Grande Paix de Montréal (1701) n’est pas considérée à sa juste valeur dans l’historiographie québécoise et canadienne » (p. 130). C’est donc en grande partie à cet angle mort qu’est consacré ce chapitre. Sur la base de l’analyse de différents documents d’archives, les auteurs reconstruisent habilement les principes et les étapes de la démarche coloniale à l’égard des peuples autochtones, lancée par le traité d’alliance conclu par Champlain en 1603 avec des représentants innus, anichinabés et « etchemins » (nom alors donné aux Malécites). L’analyse de cette politique (consignée le 8 novembre 1603 dans le rapport de la Commission du Roy au sieur de Monts, pour l’habitation des terres de la Cadie, Canada, et autres endroits en la Nouvelle-France), qui « stipule que la gestion du territoire doit se faire dans le respect …

Appendices