Some features and content are currently unavailable today due to maintenance at our service provider. Status updates

Comptes rendus

Research and Reconciliation: Unsettling Ways of Knowing through Indigenous Relationships, Shawn Wilson, Andrea V. Breen et Lindsay DuPré, dir. Canadian Scholars, Toronto, 2019, 254 p.[Record]

  • Héloïg Barbel Le Page

…more information

  • Héloïg Barbel Le Page
    Département des sciences historiques, Université Laval
    Chaire de recherche sur les relations avec les sociétés inuit

Shawn Wilson, Andrea Breen et Lindsay DuPré ont initié au début de l’année 2016 leurs réflexions communes qui ont mené à l’élaboration de l’ouvrage Research and Reconciliation: Unsettling Ways of Knowing through Indigenous Relationships, quelques mois après la publication, par la Commission de vérité et réconciliation du Canada, de son Rapport final et de ses Appels à l’action. L’initiative de ce livre à contributions multiples repose sur une volonté double de diffuser « des histoires, l’art et des conversations de chercheurs et chercheuses au sujet de leurs expériences engagées dans une recherche alignée avec les visions du monde autochtones et oeuvrant à faire avancer les processus de réconciliation », et de « mettre à l’épreuve les conceptions eurocentriques » de ce qu’est la recherche, et de ce qu’en sont ses finalités et ses acteurs et actrices (introduction de Breen, Wilson et DuPré, p. xi). Dans un contexte contemporain marqué par l’usurpation fréquente du terme réconciliation, employé en tant que vernis d’acceptabilité pour dissimuler la perpétuation de postures et de pratiques coloniales, les éditeurs et éditrices ont recueilli des contributions allant à contre-courant de ces tendances, et qui se démarquent par leur volonté de contribuer à un projet d’avenir, de guérison. L’ouverture à la discussion à travers l’expression de positions divergentes est sans conteste une des forces de cet ouvrage, qui met à l’honneur la richesse de la diversité des points de vue émergeant des activités de recherche engagées dans la réconciliation. Il invite ainsi à une navigation : les histoires qu’il partage illustrent un aperçu de la complexité et de la diversité de la thématique abordée – la recherche et la réconciliation. Pensé comme une conversation, l’ouvrage ne cherche pas à définir ce qu’est la réconciliation ; chaque chapitre invite plutôt le lectorat à une réflexion sur la pluralité des sens et des approches à laquelle il est possible de recourir. La démarche d’ouverture dans laquelle s’inscrit l’ouvrage fait écho à la diversité du lectorat qui peut s’imprégner, au fil des pages, de ces différentes façons de voir le monde. Ce livre se veut ainsi être un miroir tendu au lectorat pour qu’il s’interroge sur ses propres postures et ses propres pratiques. D’une grande accessibilité tant par son contenu que sa structure, il regroupe des contributions illustrant la réconciliation dans la pratique. Il réunit ainsi des recherches menées selon des modes autochtones de construction des savoirs, sous forme de présentations poétiques et visuelles de la Connaissance, de paysages, de sons et de mots couchés sur du papier. Il fait place à des modes de communication diversifiés, ouverts et respectueux, dans un contexte où « les Savoirs autochtones et les Modes de construction du Savoir autochtones ont été délibérément exclus, marginalisés, et dénigrés » (chap. de Wilson et Hughes, p. 12) par les processus de colonisation actuellement à l’oeuvre. C’est donc par souci de rétablir un équilibre qu’un espace privilégié a été accordé à ces récits. Il convient de souligner la profonde justesse et la grande subtilité de cet ouvrage qui, en réunissant une large diversité de perspectives, positionne les points de vue autochtones au coeur du propos, tout en abordant la question de la place des personnes non autochtones dans les processus de réconciliation, sans jamais tomber dans l’écueil du White centering. La présence de plusieurs articles du Walking Eagle News, journal satirique autochtone humoristique et d’information, s’inscrit dans cette démarche d’ouverture à la pluralisation des narrations et à d’autres manières de voir le monde, de s’y engager et de le raconter. L’ouvrage est structuré en trois parties. La première, « Being, Longing and Belonging …