Luke Parnell est Nisga’a et membre du clan Laxgiik (aigle) par sa mère et Haida par son père. Il sculpte principalement le bois depuis plus de 20 ans. Son nom Nisga’a Guxw Gahlgan signifie « toujours en train de sculpter ». Parnell s’adonne également à la peinture, comme ce fut le cas pour l’oeuvre Neon Reconciliation Explosion qui a été choisie comme couverture de ce numéro. Sa création a débuté en 2018 et s’est terminée en 2020. J’ai rencontré l’artiste le 24 novembre 2021 pour une entrevue d’une heure afin de discuter de cette oeuvre. Elle met en lumière les perspectives sur la réconciliation de 56 personnes, incluant l’artiste, qui ont peint les différents panneaux qui la composent. Elle a d’abord été exposée à la galerie d’art MKG127 à Toronto dans le cadre d’une exposition des peintures de Parnell intitulée Indigenous History in Colour, du 2 juillet au 22 août 2020. Elle a ensuite été exposée dans diverses galeries d’art, dont la galerie Bill Reid à Vancouver du 3 février au 9 mai 2021. Tel qu’il l’explique dans l’entrevue, Parnell a été inspiré par l’effervescence des discours et des débats sur la réconciliation à l’échelle nationale qui régnait en 2018, au moment d’imaginer l’atelier de création qui a donné naissance à l’oeuvre. Il a créé une structure qui rappelle la façade d’une maison Nisga’a ou Haida. La contribution de Parnell à l’oeuvre, le panneau central qui devrait être la porte d’entrée, est bloquée par une planche de bois compressé (plywood) sur laquelle sont gravées les initiales « CB » et « TF », faisant allusion à Coulten Boushie et Tina Fontaine. Parnell décrit dans cette entrevue comment ces événements ont teinté sa vision de la réconciliation et comment ils ont inspiré la création de l’oeuvre. J’ai réalisé après le festival qu’il avait pensé à un atelier de peinture devant des gens, mais je suis passé à un niveau supérieur. J’avais réfléchi à la réconciliation et à ce qu’elle signifiait pour moi, et je voulais l’explorer. Je ne suis pas un universitaire. Je ne vais pas écrire un article sur la réconciliation et faire ce genre de recherche. Je suis un artiste et je veux l’explorer du point de vue d’un artiste. J’ai eu l’idée de créer une charpente de maison. J’ai utilisé un papillon parce que je suis à moitié Nisga’a, à moitié Haida. Pour les Nisga’a, il n’y a pas de clan du papillon. Pendant les danses, il y a le clan de l’aigle, de la grenouille, de l’épaulard et du loup. Et les gens diront « aigle » ou « laxgiik » et tous les gens du clan de l’Aigle se lèveront et danseront. Ensuite, ils diront « ganhada » et les Ganhadas se lèveront, et ainsi de suite. Mais pour les gens qui n’ont pas de clan, pour la plupart les non-Autochtones qui assistent à ces événements, ils diront « papillon » et cela signifie que tout le monde se lève et danse. Alors, j’ai fait sur la charpente de la maison un motif en forme de papillon afin qu’elle puisse inclure tout le monde. J’ai dessiné le motif sur 44 panneaux et j’ai gardé le dernier, qui était un panneau double, pour moi. Le mien est la porte au centre. À l’origine, je voulais que ce soit une sculpture d’une silhouette qui en sortirait. Quelque chose de très « sécuritaire ». Au cours de l’été 2018, avant le festival, j’avais perdu confiance en la réconciliation à cause des procès liés aux meurtres de Tina Fontaine et de Colton Boushie qui ont eu lieu …
Appendices
Ouvrages cités
- MacDonald, David B. 2021. « Settler silencing and the killing of Colten Boushie: Naturalizing colonialism in the trial of Gerald Stanley ». Settler Colonial Studies 11(1) : 1-20. DOI: 10.1080/2201473X.2020.1841505.
- Manitoba Advocate for Children and Youth. 2019. A Place Where it Feels Like Home: The Story of Tina Fontaine. Manitoba Advocate for Children and Youth. https://manitobaadvocate.ca/wp-content/uploads/MACY-Special-Report-March-2019-Tina-Fontaine-FINAL1.pdf, consulté le 14 octobre 2021.
- Roach, Kent. 2019. Canadian Justice, Indigenous Injustice: The Gerald Stanley and Colten Boushie Case. Montréal : McGill-Queen’s University Press.
- Starblanket, Gina et Dallas Hunt. 2020. Storying violence: Unravelling colonial narratives in the Stanley trial. Winnipeg : Arbeiter Ring Publishing, ARP Books.

