Abstracts
Résumé
La perception de la présence des morts dans la société évolue. Ce sont moins les morts qui nous préoccupent que les transformations des sociétés face à eux, comme la manière dont elles évoluent et se métamorphosent. Plus particulièrement, les développements crématistes correspondent à un vecteur de changement de la société québécoise. Devant un taux de crémation qui s’avère en constante progression ces dernières années, le désir de crémation au Québec questionne. Dans une première partie, il est opportun de nous arrêter sur la composition de la société des morts en cendres, qui se construit paradoxalement comme un double de celle des vivants : quelle est la nature juridique de la dépouille humaine et de ses cendres? Dans une seconde partie, il convient d’observer le traitement juridique des cendres humaines depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur les activités funéraires, en 2019. Au vecteur de la dignité de la personne décédée se greffe désormais l’interdiction de nuire à la dispersion des cendres humaines. Le traitement emprunte de manière transversale aux droits de la personne et des biens, mais également aux droits successoral, municipal et environnemental.
Abstract
The perception of the presence of the dead in society is changing. It is less the dead themselves that concern us than the transformations societies undergo—the way they shift and evolve—in relation to them. More specifically, developments in cremation serve as a catalyst for change within Quebec society. Given the steadily increasing cremation rate in recent years, the appeal of cremation raises important questions in Quebec. In the first part of this paper, it is essential to examine the composition of the society of cremains that is paradoxically emerging as a counterpart to that of the living: what is the legal nature of human remains and ashes? The second part addresses the legal treatment of human ashes since the Funeral Operations Act came into force in 2019. Alongside the protection of the dignity of the deceased person, a new prohibition on harm now applies to the scattering of human ashes. This treatment intersects with human rights, property law, as well as inheritance law, and municipal and environmental law.
Resumen
La percepción de la presencia de los muertos en la sociedad está experimentando un cambio significativo. Más que preocuparnos por los muertos en sí, lo que interpela hoy es la manera en que las sociedades se transforman con respecto a ellos, y la forma en que estas evolucionan y se reconfiguran. En este contexto, los avances en materia de cremación se presentan como un vector de cambio en la sociedad quebequense. Ante la creciente tasa de cremación en los últimos años, el deseo de cremación en Quebec plantea interrogantes. En una primera parte, es pertinente detenerse en la composición de la sociedad de los muertos en cenizas, que se construye, paradójicamente, como un reflejo de la sociedad de los vivos : ¿cuál es la naturaleza jurídica de los restos humanos y de sus cenizas? En una segunda parte, se analiza el tratamiento jurídico de las cenizas humanas desde la entrada en vigor de la Ley de Actividades Funerarias, en 2019. A la exigencia de respeto por la dignidad de la persona fallecida se suma ahora la prohibición de perjudicar la dispersión de las cenizas humanas. Este tratamiento jurídico se articula de manera transversal, abarcando no solo los derechos de las personas y los bienes, sino también aspectos vinculados al derecho sucesorio, al derecho municipal y al derecho ambiental.

