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Illustrer la diversité des processus de coconstruction pour élargir la réflexion sur le croisement des savoirs et des pratiques[Record]

  • Marie-Claude Salvas

En sciences sociales, les processus de coconstruction sont utilisés dans les domaines des politiques publiques, de la santé, du travail social, de l’éducation et de la psychoéducation, ou encore, pour concevoir des outils éducatifs et des interventions psychosociales (Hagen et al., 2012; Peyrard et Chamaret, 2020; Tremblay et al., 2019). Cette approche suscite depuis quelques années un intérêt croissant, voire un certain engouement, sans être réellement définie ni conceptualisée (Ouellet-Morin et al., n.d.). Au-delà du caractère distinctif des processus de coconstruction compte tenu de leur ancrage dans les besoins du terrain et de leur mode collaboratif, quels sont les repères conceptuels et méthodologiques qui en caractérisent l’usage? Coconstruire signifie-t-il simplement d’échanger des points de vue ou devons-nous mettre en oeuvre une démarche et des méthodes particulières? Que prioriser? En réponse à ces questions, des éléments-clés ont été proposés (Foudriat, 2019; Foudriat et al., 2000). Par exemple, une approche de coconstruction met en jeu une pluralité d’individus qui se reconnaissent comme étant des personnes expertes des savoirs et des expériences qu’elles partagent. Utilisée dans un contexte de recherche, elle suppose d’abord que les chercheurs et chercheuses soient partie prenante du processus au même titre (ni plus ni moins) que les autres, tels les usagers finaux. Elle requiert aussi que ces personnes se rassemblent volontairement autour d’un objectif commun à construire, et qu’elles suivent une démarche adaptée à leur milieu et à leurs besoins, pouvant mener à une transformation des savoirs initiaux. Ensuite, les processus de coconstruction sont souvent mobilisés pour aborder des enjeux complexes. Ils peuvent être utilisés dans divers milieux (ex. : scolaire, communautaire, institutionnel), avec des personnes qui interviennent auprès de clientèles aux prises avec des difficultés d’adaptation tout comme avec les personnes qui éprouvent elles-mêmes ces difficultés (Lemire et al., 2009). Dans le contexte où ces processus suscitent de plus en plus d’intérêt dans les milieux d’intervention, une question s’impose : quel éclairage particulier peuvent-ils apporter pour favoriser le déploiement d’actions susceptibles de soutenir les capacités adaptatives ou de prévenir l’apparition des difficultés d’adaptation chez les clientèles vulnérables? Autrement dit, les échanges et le croisement des savoirs autour d’enjeux complexes apportent-ils une réponse plus nuancée, consensuelle, applicable et généralisable aux besoins exprimés par les personnes concernées par ces processus? L’objectif du présent numéro thématique est d’alimenter ces réflexions et de mettre en lumière les diverses formes que peuvent revêtir les processus de coconstruction. Ce faisant, nous souhaitons examiner la pertinence des processus en regard du développement d’interventions ou d’innovations sociales appropriées en psychoéducation, et plus largement en sciences sociales. L’efficacité, la diffusion ou l’implantation des interventions pourraient bénéficier des connaissances tirées des savoirs expérientiels, des connaissances issues de la recherche et des modèles théoriques conçus. Les retombées des processus seront examinées dans divers contextes, de même que les conditions sur lesquelles miser pour les optimiser. Les sept articles du numéro illustrent comment les processus de coconstruction peuvent s’actualiser et décrivent des démarches associées à une diversité de milieux (scolaires, institutionnels) et de clientèles. Quatre articles sont centrés sur le développement et l’évaluation de démarches de formation et d’accompagnement visant à mieux outiller les personnels des écoles pour faire face à des enjeux complexes qui touchent les élèves (Boissonneault et al.; Bowen et al.; Hébert et al.; Salvas et al.). Un article porte sur un processus de consultation provinciale mené auprès des acteurs du milieu scolaire (Mamprin et al.) et un autre sur l’actualisation d’un profil de sortie des élèves (Robert-Mazaye et al.). Enfin, un dernier article aborde le processus de coconstruction des savoirs à travers le point de vue de jeunes ayant été placés sous les services de …

Appendices