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Notes de lecture

CAMIRAND, Jacques et Étienne PANET-RAYMOND, L’Atelier Sainte-Marie : le théâtre au collège dans les années 60…, Montréal, Association des anciens élèves du collège Sainte-Marie, 2024, 105 p.[Record]

  • Yannick Legault

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  • Yannick Legault
    Université Laval

Celles et ceux qui enseignent l’histoire du théâtre québécois, la naissance des compagnies théâtrales professionnelles après la Seconde Guerre mondiale et les débuts de la dramaturgie québécoise mentionnent régulièrement le nom du Gesù, cette salle mythique montréalaise qui a accueilli un nombre impressionnant de spectacles et d’événements marquants. Plusieurs ancien·nes du collège Sainte-Marie, devenu·es auteur·trices, acteur·trices, metteur·es en scène, historien·nes ou chercheur·euses, reconnaissent avoir développé dans cette salle leur passion à l’égard du théâtre. Mais peu, parmi les passionné·es de l’histoire du théâtre québécois, connaissent l’existence, dans les années 1960, d’une volonté concertée de la part du collège Sainte-Marie de concevoir et mettre sur pied un programme complet de formation en théâtre de niveau universitaire. À la fois général et global, ce programme que l’on avait simplement nommé l’« Atelier » Sainte-Marie avait été conçu pour initier les étudiants aux nombreux aspects de l’écosystème théâtral : la recherche et la réflexion sur les auteur·trices, leurs oeuvres et les courants théâtraux, puis la création de spectacles, depuis leur conception et production jusqu’à leur diffusion et mise en marché. En mai 2024, pour combler ce « manque » dans l’histoire de la formation théâtrale au Québec, un petit ouvrage rempli de témoignages de première main est enfin édité. En voici le compte rendu, précédé d’une petite mise en contexte historique. Fondé en 1848 à Montréal, le collège Sainte-Marie constitue le premier établissement éducatif jésuite à s’établir au Québec depuis la fin de la Nouvelle-France, près d’un siècle plus tôt. Centre important de formation et d’animation, le collège Sainte-Marie avait l’ambition, depuis sa fondation, d’obtenir une charte royale qui lui permettrait de dispenser l’enseignement universitaire. Mis en veilleuse depuis la fin du XIXe siècle, le statut universitaire du collège redevient une question d’actualité dès le début des années 1960. Situé près de la future Place des Arts et de la station de métro du même nom, le collège Sainte-Marie possédait alors, techniquement parlant, l’une des salles les mieux équipées en ville, le fameux Gesù. Inauguré le 10 juillet 1865 en tant que salle académique, le plus ancien lieu théâtral à Montréal, toujours en opération, avait été conçu avec une scène assez vaste pour y produire les exercices théâtraux prévus au Ratio Studiorum, le programme d’enseignement des Jésuites. Vouée aux arts de la parole et à l’éloquence, l’année de rhétorique, sixième dans le programme des collèges classiques, était normalement consacrée à la production d’un spectacle de fin d’année impliquant tous les talents des étudiant·es et destiné à tous·tes. Ainsi, les élèves du collège Sainte-Marie avaient l’occasion d’assister aux pièces de théâtre, de participer aux concours d’art oratoire, de fouler la scène lors de séances spéciales et autres activités parascolaires; le Gésu faisait partie intégrante de leur vie estudiantine. Les rénovations réalisées à partir de 1945 pour le centenaire du collège ont transformé cette salle en un lieu recherché par les troupes de théâtre; la scène avait dorénavant une régie dernier cri, de nouveaux éclairages et un plateau tournant. Parmi les compagnies qui s’y sont produites, mentionnons les Compagnons de Saint-Laurent en 1945, L’Équipe en 1946, le Rideau Vert et le Théâtre d’Essai en 1949, le Théâtre du Nouveau Monde de 1951 à 1957, le Théâtre Club en 1956 et la Nouvelle Compagnie Théâtrale dès 1964. La présence d’artistes professionnel·les, en spectacles et en répétitions, offrait aux étudiant·es l’opportunité de s’initier au théâtre; plusieurs y ont même découvert une vocation. À l’automne 1960, quelques mois après l’élection provinciale du parti libéral, les Jésuites, qui dirigeaient alors les collèges montréalais Sainte-Marie et Brébeuf, ont tenté un grand coup en proposant que leurs collèges soient fusionnés …

Appendices