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Introduction (fr)[Record]

  • Anne Robineau,
  • Megan Cotnam-Kappel,
  • Sylvain St-Onge,
  • Destiny Tchéhouali and
  • Lina Shoumarova

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  • Anne Robineau
    Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques

  • Megan Cotnam-Kappel
    Université d’Ottawa

  • Sylvain St-Onge
    Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques

  • Destiny Tchéhouali
    Université du Québec à Montréal

  • Lina Shoumarova
    Université Concordia

Ce numéro thématique propose d’aborder différentes problématiques liées au numérique dans et pour les communautés linguistiques en milieu minoritaire. Il met l’accent sur les communautés de langues officielles en situation minoritaire, notamment celles de la francophonie canadienne, et aborde des enjeux plus larges touchant d’autres minorités linguistiques au Canada et ailleurs. L’utilisation du numérique est aujourd’hui transversale à un ensemble de pratiques informationnelles, culturelles, sociales et citoyennes. Cette transversalité appelle une amélioration de la littératie numérique et informationnelle de la population, notamment dans des contextes où les rapports langue-pouvoir-numérique sont asymétriques. À cet égard, Jasiak et al. (2024) révèlent des disparités dans l’utilisation d’Internet selon différents groupes démographiques et socioéconomiques au Canada. Lancé en 2018, le Programme d’échange en matière de littératie numérique (PELN), vise à soutenir des initiatives de formation pour « doter les Canadiennes et des Canadiens des compétences nécessaires pour utiliser les ordinateurs, les appareils mobiles et Internet de manière sûre, sécuritaire et efficace » (Gouvernement du Canada, 2025). Toutefois, comme le souligne Gurtsein (2007), l’enjeu ne réside pas uniquement dans l’accès aux outils, mais bien dans les conditions d’une utilisation socialement signifiante, l’accès constituant une nouvelle source de pouvoir social dont la distribution demeure inégalitaire. Ainsi, les débats sur les fractures numériques se déplacent progressivement vers une compréhension plus fine (Ventrella et Cotnam-Kappel, 2024). La littératie numérique et informationnelle soulève des enjeux généraux, tels que celui de combattre la désinformation en ligne, ainsi que des enjeux plus spécifiques aux contextes linguistiques minoritaires, notamment chez les jeunes qui font un usage très intensif d’Internet et des médias sociaux (St-Onge et al., 2023). Ces enjeux recoupent plusieurs axes de notre numéro spécial, notamment en ce qui concerne l’accès à des services dans la langue de la minorité (santé, éducation, justice), la vitalité linguistique et culturelle, ainsi que la découvrabilité des contenus des contextes minoritaires en ligne. Ces enjeux touchent aussi à la préservation et au renouvellement des langues et des cultures au sein des communautés, ainsi qu’à la visibilité en ligne de leur contenu culturel et médiatique. Les dynamiques liées à ces enjeux peuvent renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté et favoriser la création de nouvelles communautés virtuelles transnationales. Enfin, elles transforment les méthodes de recherche, en particulier en sciences sociales et humaines, pour éclairer la complexité de l’utilisation du numérique et de ses conséquences. Michel et Paulin s’intéressent à la façon dont la ville de Moncton au Nouveau-Brunswick négocie le bilinguisme sur les plans administratif et politique, à travers la mise en oeuvre d’un outil de démocratie numérique aux retombées sociales importantes. En partenariat avec la ville, les chercheuses s’engagent dans une étude qualitative pour analyser l’impact de la plateforme participative « Jasons Moncton/Let’s Chat Moncton » sur l’intégration du français et de l’anglais dans les échanges en ligne entre citoyens. Michel et Paulin montrent que la traduction institutionnelle, souvent présentée comme une solution technique neutre, tend plutôt à renforcer les tensions politiques et l’exclusion sociale. À travers leur analyse, les auteurs proposent de repenser les outils de démocratie numérique en tenant compte de la variété linguistique au sein de la participation citoyenne en ligne. Dans leur article, Cotnam-Kappel et Ciocca explorent les perceptions du personnel enseignant du primaire en Ontario concernant les inégalités numériques linguistiques vécues par leurs élèves francophones. Les auteurs mettent en lumière trois dimensions d’inégalité à l’aide d’une analyse thématique de verbatim de 22 entrevues semi-dirigées, soit celles de l’accès, des compétences et du pouvoir d’agir. Cotnam-Kappel et Ciocca constatent que les écarts sont accentués par la dimension linguistique, notamment en raison du manque de ressources numériques en français, mais aussi …

Appendices