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Notes critiques

Alain Bachand, Les fondements de la moraleAlain Bachand, Les fondements de la morale. Une analyse émotiviste, Paris, L’Harmattan (coll. « Ouverture philosophique »), 2025, 108 p.[Record]

  • Célestin Delanga

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  • Célestin Delanga École Normale Supérieure de Yaoundé, Cameroun

Auxiliaire judiciaire au palais de justice de Montréal et diplômé en philosophie, Alain Bachand est l’auteur de l’ouvrage intitulé Les fondements de la morale. Une analyse émotiviste, oeuvre qui fait l’objet de notre étude, publiée en 2025 à Paris aux éditions L’Harmattan. La thèse que défend l’auteur est, comme l’indique le sous-titre de l’ouvrage, celle de l’émotivisme en tant que théorie méta-éthique qui affirme que les jugements moraux ne sont rien d’autre que l’expression d’émotions, de désapprobation ou d’approbation personnelles. Pour l’auteur, en effet : « Les jugements moraux ne rapporteraient pas des faits moraux ou des vérités morales. Ils serviraient plutôt à exprimer nos émotions (favorables ou défavorables) envers des états de choses et à persuader les autres de les adopter » (p. 8). L’auteur soutient sans ambiguïté que porter des jugements moraux, ce serait ni plus ni moins exprimer nos émotions. Les personnes ou groupes de personnes qui partagent les mêmes valeurs morales partagent simplement les mêmes émotions. Le problème philosophique que traite l’auteur est bien entendu celui des fondements émotivistes des jugements moraux. La question à laquelle il tente de répondre tout au long de l’ouvrage est la suivante : en quoi est-ce que les jugements moraux relèvent-ils de l’émotion ? L’auteur organise alors ses arguments en cinq centres d’intérêt, tenant lieu des chapitres. Le premier porte sur la méta-éthique en tant que discipline philosophique qui traite de l’émotivisme. Le deuxième précise le contexte théorique de l’émotivisme. Le troisième présente les éléments d’une analyse émotiviste. Le quatrième est intitulé « Récapitulation et points de clarification », ayant pour but de mettre en exergue les points saillants de son argumentation. Nous nous proposons de suivre la logique de l’auteur en livrant la quintessence de chaque chapitre, dans l’ordre chronologique, avant de soumettre une telle analyse à l’examen critique, pour pouvoir, selon les exigences philosophiques, procéder à sa réinterprétation. Au chapitre 1 sur la méta-éthique, l’auteur s’attelle, d’entrée de jeu, à établir d’une part la différence entre réalisme moral et le non-réalisme moral, et d’autre part à identifier les liens entre la méta-éthique et l’éthique normative. Ainsi, par réalisme moral, l’auteur entend la thèse selon laquelle la morale se définirait par ses critères de vérité et d’objectivité. Elle serait susceptible de se constituer en savoir autonome, donnant lieu à des jugements moraux ou à des croyances morales. Autrement dit, la morale serait une donnée pouvant être appréhendée, justifiée ou fondée objectivement. L’objectivité qui caractériserait la morale lui conférerait un caractère scientifique en ce sens qu’il rendrait possible la conscience morale ou les vérités morales, susceptibles d’être saisies, d’être connues par le biais de la raison ou de l’intuition. Il l’éloignerait par conséquent des émotions, des sentiments, bref des états d’esprit qui n’ont rien d’objectif. Mais en vérité il n’en est rien, pense l’auteur. La thèse du réalisme moral est trompeuse. Elle est vraisemblable, car l’indignation que l’on éprouve face à des actes considérés comme mauvais ne relève pas d’une réalité objective, susceptible d’être découverte. Le disant, l’auteur soutient la thèse du non-réalisme moral. Elle consiste en ce que les jugements moraux ne sont pas dissociables de nos états d’esprit. Ils ne peuvent être ni vrais ni faux, ni exacts ni inexacts. Pour le non-réalisme moral en effet, le savoir ou discours moral objectivement valable n’existe pas. Par conséquent, le jugement moral n’est pas un raisonnement logique. Il n’est pas susceptible d’être confirmé ou infirmé à l’aide d’un test expérimental. Il ne relève pas non plus d’une réalité métaphysique insaisissable par les sens et accessible par l’intuition. Non ! Il n’est rien de tout ça ! Le jugement moral relève …

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