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Comptes rendus de lecture et entrevue d'auteur.eBalados et comptes rendus de lecture

Big questions and great answers in entrepreneurship research : discussing up-to-date methodological and philosophical issues. Sous la direction d’Alain Fayolle, Sandrine Le Pontois et R. Duncan M. Pelly, Edward Elgar Publishing, 2024[Record]

  • Christian Makaya

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  • Christian Makaya
    Enseignant-chercheur à Ascencia Business School
    Chercheur associé à l’Université Paris-Nanterre (Laboratoire CEROS)

L’auteur du compte rendu vous présente également ce dernier sous forme de balado auquel vous pouvez accéder en cliquant ici.

Cette phrase de Proust, écrite il y a plus de cent ans dans d’autres contextes, fait écho, avec une précision troublante, à l’un des défis majeurs de la recherche contemporaine : le savoir n’est jamais neutre. Il est filtré par nos croyances, nos méthodes, nos cadres théoriques, nos habitudes disciplinaires. Dans le champ de la recherche en entrepreneuriat, cette tension est aujourd’hui particulièrement vive. Ce champ, en pleine expansion depuis plusieurs décennies, s’est densifié au point d’en être parfois fragmenté. On y observe une diversité de concepts, d’approches, de résultats, mais aussi une difficulté croissante à dialoguer, à comparer, à cumuler. Les évolutions technologiques, qu’il s’agisse de mégadonnées, d’intelligence artificielle et de plateformes collaboratives, ont accentué ce phénomène en renforçant la place de méthodes quantitatives, qui tendent à induire une lecture partielle, voire réductrice, des phénomènes entrepreneuriaux. Ces méthodes, souvent inductives, offrent des réponses sans toujours interroger les fondements. C’est pourquoi il devient urgent d’enrichir également les méthodes qualitatives, d’oser des approches transversales, narratives, critiques ou participatives, et surtout de revenir aux questions fondamentales : que faisons-nous dans le cadre de nos recherches ? Que cherchons-nous à comprendre ? À transformer ? Et avec quelles implications ? Face à ces questionnements, l’ouvrage collectif dirigé par Alain Fayolle, Sandrine Le Pontois et R. Duncan M. Pelly, Big questions and great answers in entrepreneurship research, propose une respiration salutaire. Ne cherchant pas à unifier artificiellement le champ, mais à le réancrer dans une dynamique réflexive et transformatrice, il appelle à élargir les frontières du savoir collectif en assumant les questionnements ontologiques et méthodologiques essentiels à toute démarche rigoureuse. Pour cela, en tant que chercheurs, il nous faut abandonner l’illusion de l’outil unique et magique. Les coordinateurs de l’ouvrage rappellent que, comme le suggérait Nietzsche, celui qui ne possède qu’un marteau voit tous les problèmes comme des clous. À l’inverse, l’ouvrage, tout au long de ses trois parties, nous invite à forger une boîte à outils riche et cohérente composée certes de marteaux, mais également de pinces, de tournevis et parfois d’instruments inventés ad hoc. À ce prix seulement, la recherche peut s’ouvrir à la pluralité des réalités et participer à des transformations justes, sensibles et durables. Cette première partie s’attache aux fondements ontologiques et épistémologiques de la recherche en entrepreneuriat. Elle invite à interroger ce que l’on cherche, pourquoi on le cherche et avec quels postures et regards. Dans le chapitre 1, Why is « what is good entrepreneurship research » a big question ?, les coordinateurs ouvrent le volume en expliquant pourquoi certaines questions méritent d’être posées de manière récurrente. Elles ne ferment pas, elles ouvrent. Dans le chapitre 2, Alain Fayolle rend hommage à Mike Wright (1952-2019), figure clé de l’entrepreneuriat académique, en soulignant son questionnement sur l’identité du chercheur. Plus qu’un technicien, celui-ci doit être un acteur réflexif, dont les engagements façonnent la connaissance produite : un chapitre en résonance directe avec l’esprit de l’ouvrage. Dans le chapitre 3, Stratos Ramoglou plaide pour une vigilance épistémologique fondée sur des ancrages théoriques et méthodologiques solides. L’auteur appelle à explorer l’entrepreneuriat dans sa nature fondamentalement processuelle, en concevant des approches capables de révéler l’action en devenir, au lieu de projeter sur elle des cadres figés. Dans le chapitre 4, R. Duncan M. Pelly partage une autoethnographie de l’autoethnographie, livrant une réflexion incarnée et originale sur la subjectivité du chercheur. Bruce Teague et Richard Tunstall invitent à envisager que l’entrepreneuriat se comprend mieux dans la pratique que dans les définitions, attributs et processus. Cette première partie incite ainsi à la réflexivité. Elle nous rappelle que nos méthodes ne sont …

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