Abstracts
Résumé
Cet article analyse la scène de la prière de Jésus à Gethsémani dans le Mystère de la Passion d’Arnoul Gréban, en la comparant à celle d’Eustache Mercadé (Passion d’Arras) d’un point de vue narratif et rhétorique. Tout en suivant le modèle établi par Mercadé, Gréban complexifie la trame narrative et représente Dieu le Père et Jésus comme étant capables de susciter l’empathie. Tandis que Mercadé recourt aux onzains pour mettre en relief les prières de Jésus et les réponses de saint Michel, Gréban privilégie les octosyllabes à rimes plates afin de mieux transmettre l’enjeu théologique de son oeuvre, et d’accentuer l’interaction fluide entre l’humain et le divin. Il soigne aussi davantage les rimes, cherchant à peindre Dieu le Père comme une figure à la fois miséricordieuse et glorieuse. Ainsi, l’analyse de cette scène témoigne du sens de la convenance chez Gréban qui s’inscrit, tout comme son prédécesseur, dans la tradition du decorum horatien.
Abstract
This article analyzes the scene of Jesus’ Prayer at Gethsemane in Arnoul Gréban’s Mystère de la Passion, in comparison with that of Eustache Mercadé (Passion d’Arras), from a narrative and rhetorical perspective. While following the model established by Mercadé, Gréban complicates the narrative structure and portrays both God the Father and Jesus as capable of eliciting empathy. Whereas Mercadé employs eleven-line stanzas (onzains) to highlight Jesus’ prayers and Saint Michael’s responses, Gréban favors octosyllabic lines with flat rhymes to better convey the theological stakes of his work and to emphasize the fluid interaction between the human and the divine. He also pays closer attention to rhyme, aiming to depict God the Father as a figure both merciful and glorious. This analysis of the scene thus reflects Gréban’s sense of appropriateness (convenance), which places him—like his predecessor—within the tradition of Horatian decorum.
