Abstracts
Résumé
Les prières dites « du plus grand péril » sont considérées comme constitutives de la diction épique. Proférées dans des moments de grande intensité narrative, elles peuvent venir souligner l’angoisse de l’agonie, ou celle qui saisit les héros devant un combat inégal, mais elles naissent aussi sur les lèvres des héroïnes en danger. Le fait que les chansons de geste prêtent des oraisons très similaires aux personnages féminins et masculins mérite réflexion. On peut s’étonner aussi du rôle dévolu aux fréquentes invocations à la Vierge Marie dans ces credos qui attestent la foi dans le projet divin de salut pour l’humanité. La question est donc de savoir dans quelle mesure les distinctions de genre sont opérantes pour comprendre ces morceaux d’éloquence dévotionnelle. On constatera que les Credos épiques des héroïnes de chanson de geste répondent, sans altérations particulières, aux conventions de la chanson de geste, mais aussi que les adresses à sainte Marie font entendre des formulations propres à la piété mariale.
Abstract
The so-called “prayers of greatest peril” are considered constitutive of epic diction. Uttered at moments of heightened narrative intensity, they may underscore the anguish of agony or the fear that grips heroes in the face of an unequal battle—but they also arise on the lips of heroines in danger. The fact that chansons de geste attribute highly similar prayers to both male and female characters invites further reflection. One may also be struck by the prominent role of invocations to the Virgin Mary in these credos, which bear witness to faith in the divine plan of salvation for humankind. The question, then, is to what extent gender distinctions are operative in understanding these pieces of devotional eloquence. It will be observed that the epic credos of female characters in chansons de geste adhere—without notable alteration—to the conventions of the genre, while the addresses to Saint Mary also resonate with expressions specific to Marian piety.
