Abstracts
Résumé
Marguerite Duras représente des souvenirs de la Deuxième Guerre mondiale et des sites de commémoration dédiés à la mémoire des victimes de ce conflit dans son scénario pour le film Hiroshima mon amour (1959) et dans son récit La Mort du jeune aviateur anglais (1993). Ces deux textes attestent de la préoccupation de Marguerite Duras pour le souvenir de la guerre. Les protagonistes de ces oeuvres voyagent justement dans des lieux dévastés par la guerre. Nous interrogeons ici la représentation du rapport entre le voyage dans un lieu historique et la réalisation d’un deuil personnel. Nous examinons comment s’établissent les sites de commémoration et comment ces espaces facilitent la compréhension de la perte au niveau des masses et à l’échelle de l’individu. La définition du deuil proposée par Paul Ricoeur dans La Mémoire, l’histoire, l’oubli oriente cette analyse et comparaison de ces deux oeuvres séparées des décennies et qui se font quand-même écho. Hiroshima mon amour et La Mort du jeune aviateur anglais représentent en effet la valeur réparatrice du voyage.
Abstract
World War II features in the background of a number works by Marguerite Duras that represent grief and mourning related to death brought about by war. Her scenario for Alain Resnais’s film Hiroshima mon amour (1959) exemplifies this concern for the emotional consequences of war. Several decades later, La Mort du jeune aviateur anglais reflects a similar theme of war-related grief and violence. In each of these works, the protagonists travel to a location where tragic war events have occurred and where social forms of memorialization exist. Here they come to terms with both general and personal loss. This article explores Marguerite Duras’s depiction of the rapport between travel and grieving, how memorial sites facilitate mourning and how these historical sites become established. Paul Ricoeur’s treatise La Mémoire, l’histoire, l’oubli provides us with a definition of grief and guides our comparison of these two works that echo each other. Hiroshima mon amour and La Mort du jeune aviateur anglais together illustrate how a journey to a site of former tragedy can be personally restorative.
