Abstracts
Résumé
Dans la première partie de l’article, l’autrice propose un argument de philosophie éthique faisant la démonstration que la conception juridique de l’autonomie individuelle en droit civil québécois est ancrée dans un libéralisme rationaliste et désincarné. Cette conception ne permet pas d’appréhender conceptuellement la perte graduelle et/ou partielle de l’autonomie et la préservation de l’autonomie résiduelle dans son contexte relationnel et social. Une approche relationnelle fondée sur le concept de la reconnaissance de l’agentivité est suggérée pour permettre de mieux saisir ces enjeux. La seconde partie de l’article est consacrée à l’analyse de la réforme des régimes de protection des majeurs entrée en vigueur en novembre 2022, à la lumière de cette critique. En ne remettant pas en cause le rationalisme de la conception juridique de l’autonomie, les réformes successives ne parviennent pas à mettre pleinement en oeuvre les objectifs du législateur quant à la sauvegarde de la dignité et de l’autonomie des personnes.
Abstract
The first part of this article proposes an philosophical ethics argument demonstrating that the legal conception of individual autonomy in Québec civil law is rooted in a disembodied, rationalist liberalism. This conception does not allow for a conceptual understanding of the gradual and/or partial loss of autonomy and the preservation of residual autonomy in its relational and social context. A relational approach based on the concept of recognition of individual agency is suggested as a way of better grasping these issues. The second part of the article analyzes the reform of legal protection systems for adults, that came into force in November 2022, in the light of this philosophical critique. By failing to call into question the rationalism of the legal conception of autonomy, the successive reforms fail to fully implement the legislator’s objectives of safeguarding individuals’ dignity and autonomy.
Resumen
La primera parte de este artículo plantea un argumento de filosofía ética en la que demuestra que la concepción jurídica de la autonomía individual en derecho civil quebequense se fundamenta en un liberalismo racionalista e inmaterial. Esta noción no le permite considerar de manera conceptual la pérdida gradual y/o parcial de la autonomía y la preservación de la autonomía residual en su contexto relacional y social. Con el fin de que se puedan comprender mejor estas cuestiones, se propone un enfoque relacional, fundamentado en el concepto del reconocimiento de la agentividad. La segunda parte del artículo analiza la reforma de los regímenes de protección de mayores que ha entrado en vigencia en el mes de noviembre del año 2022, a la luz de esta crítica. Al no cuestionar el relacionismo de la concepción jurídica de la autonomía, las reformas sucesivas no han logrado implementar plenamente los objetivos del legislador en cuanto a la protección de la dignidad y de la autonomía de las personas
