Atlantis
All articles in this journal are selected through a peer review process.
Critical Studies in Gender, Culture & Social Justice
Études critiques sur le genre, la culture, et la justice
Volume 47, Number 2, 2026 Open Issue
Table of contents (16 articles)
Editorial
Original Research / Recherche originale
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A Preliminary Exploration of Arab Older Immigrant and Refugee Women Experiencing Intimate Partner Violence in Canada: Experiences, Service Utilization, and Support Needs
Salma Almukhaini, Lori Weeks, Lois Jackson and Colleen MacQuarrie
pp. 9–20
AbstractEN:
Intimate Partner Violence (IPV) is a global public health concern affecting women across all societies, regardless of race, socioeconomic status, or age. Beyond gender, other social identities—such as immigration status, race/ethnicity, and legal standing—intersect to increase women’s risk of IPV and shape their experiences of violence and access to services. With the rising number of immigrant and refugee women globally, coupled with an aging population, both age and immigration status create additional layers of vulnerability. This study aimed to explore the experiences, service utilization, and support needs of Arab older immigrant and refugee women who have experienced IPV in Canada. Semi-structured individual interviews were conducted with one older Arab immigrant woman with lived experience of IPV and three individuals who provided support to Arab older women in either paid or unpaid roles (N=4). Interviews were analyzed using inductive thematic analysis. Participants indicated that Arab older immigrant and refugee women underutilize available IPV services for multiple reasons, including stigma, lack of awareness about existing resources, fragmented services, and language barriers. A unique finding was a strong preference for services to be provided by female healthcare and social service providers, reflecting cultural and religious considerations. Trust and culturally sensitive care were identified as essential for supporting disclosure and access to services. To improve service utilization among Arab older immigrant women experiencing IPV, organizations must engage in targeted outreach and awareness campaigns, using linguistically and culturally appropriate strategies. Partnerships with Arab community leaders and organizations are critical for building trust and reducing stigma. Additionally, whenever possible, offering services through female providers should be prioritized to respect cultural and religious preferences and enhance women’s comfort and safety.
FR:
La violence entre partenaires intimes (VPI) est un enjeu de santé publique mondial qui touche les femmes de tous les pays, quel que soit leur âge, leur race ou leur statut socio-économique. Au-delà du genre, d’autres identités sociales, notamment le statut d’immigration, la race ou l’origine ethnique et le statut juridique, s’entrecroisent, augmentent le risque de VPI chez les femmes et déterminent leur expérience de la violence et leur accès aux services. L’augmentation du nombre de femmes immigrantes et réfugiées dans le monde, combinée au vieillissement de la population, fait en sorte que l’âge et le statut d’immigration constituent des facteurs supplémentaires de vulnérabilité. Cette étude vise à explorer les expériences vécues, le recours aux services et les besoins en matière de soutien des femmes âgées arabes, immigrantes et réfugiées, ayant été victimes de VPI au Canada. Plusieurs entretiens individuels semi-structurés ont été menés avec une femme âgée arabe immigrante ayant subi de la VPI ainsi qu’avec trois personnes ayant apporté leur soutien à des femmes arabes âgées, à titre rémunéré ou bénévole (N=4). Les entretiens ont été analysés à l’aide d’une analyse thématique inductive. Selon les commentaires recueillis, les femmes âgées arabes immigrantes et réfugiées sous-utilisent les services accessibles de lutte contre la VPI pour plusieurs raisons, notamment la stigmatisation, la méconnaissance des ressources existantes, la fragmentation des services et les barrières linguistiques. Un constat particulier a mis en évidence une préférence marquée pour les services dispensés par des intervenantes des secteurs de la santé et des services sociaux, en raison de considérations culturelles et religieuses. La confiance et la prestation de soins adaptés à la culture ont été reconnues comme des éléments essentiels pour favoriser la divulgation et l’accès aux services. Pour accroître le recours aux services chez les femmes âgées arabes immigrantes victimes de VPI, les organismes doivent mener des campagnes ciblées d’information et de sensibilisation, fondées sur des stratégies adaptées à la langue et à la culture. Les partenariats avec les dirigeants et les organismes communautaires arabes sont essentiels pour instaurer la confiance et réduire la stigmatisation. De plus, dans la mesure du possible, il faut privilégier la prestation de services par des femmes afin de respecter les préférences culturelles et religieuses et de renforcer le sentiment de confort et de sécurité des femmes.
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Childfree in the Academy: Class and Motherhood in the Professoriate
Lynn Arner
pp. 21–34
AbstractEN:
Employing a survey of English faculty across Canada and data from Statistics Canada, the first one-third of this article examines the intersection of gender and parental educational level in relation to faculty members’ likelihood of having children. Although among the men reproduction was not associated with parental educational level, women whose parents possessed graduate degrees were more likely to have children than women with lower parental educational levels. The bulk of the article discusses some of the implications of these disparities. Not all women struggle equally to balance academic careers with childrearing: class privilege can compensate for some gendered disadvantages. Given their increased chances of being childfree, given their gender, and given their class backgrounds, women faculty with lower parental educational levels can end up with heavier workloads than their colleagues. With the government and universities alike failing to provide adequate childcare, university administrators routinely shift the responsibility for accommodating parents’ schedules onto childfree women and LGBTQ+ faculty. Because (heterosexual) men typically spend more of their work time than their women colleagues on research, because of gendered assumptions about service and about the pastoral care of students, and because of the time constraints of faculty mothers, a disproportionate amount of service and care work is performed by childfree women and their LGBTQ+ colleagues, hindering their ability to publish.
FR:
En s’appuyant sur un sondage mené auprès de professeur·e·s de littérature anglaise dans l’ensemble du Canada et de données de Statistique Canada, le premier tiers de cet article examine l’intersection du genre et du niveau de scolarité des parents en lien avec la probabilité que les membres du corps professoral aient des enfants. Bien que, chez les hommes, le fait d’avoir des enfants ne soit pas associé au niveau de scolarité des parents, les femmes dont les parents détenaient des diplômes d’études supérieures étaient plus susceptibles d’avoir des enfants que les femmes dont les parents avaient un niveau de scolarité inférieur. La majeure partie de l’article examine certaines des répercussions de ces disparités. Les femmes ne se heurtent pas toutes aux mêmes difficultés pour concilier une carrière universitaire et l’éducation des enfants : les privilèges liés à la classe sociale peuvent compenser certains désavantages liés au genre. Compte tenu de leur plus grande probabilité de ne pas avoir d’enfants, de leur genre et de leur milieu socioéconomique, les femmes membres du corps professoral dont les parents ont un niveau de scolarité inférieur peuvent se retrouver avec une charge de travail plus lourde que celle de leurs collègues. Alors que le gouvernement et les universités ne fournissent pas suffisamment de services de garde, les administrateur·trice·s universitaires transfèrent régulièrement la responsabilité de l’adaptation des horaires des parents aux femmes sans enfants et aux membres du corps professoral LGBTQ+. Comme les hommes (hétérosexuels) consacrent généralement plus de leur temps de travail à la recherche que leurs collègues féminines en raison de présomptions genrées du travail de service et de l’accompagnement des étudiant·e·s, ainsi que des contraintes de temps auxquelles font face les mères membres du corps professoral, une part disproportionnée de ce travail et de cet accompagnement est assumée par les femmes sans enfants et leurs collègues LGBTQ+, ce qui nuit à leur capacité de publier.
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Between Violence and Everyday Resistance: An Intersectional Feminist Study of Women’s Voices in Beirut and Cairo
Nathalie Baba
pp. 35–48
AbstractEN:
Violence against women is a major public health issue that causes severe physical and mental health consequences, including permanent injuries, depression, and suicide, affecting more than 35% of women worldwide (UN 2017; WHO 2021). In the post-Arab Spring era, the prevalence of sexual and physical violence against women in public spaces has prompted numerous international and national interventions. Yet, despite these efforts, only a small proportion of survivors access support services, report incidents to the police, or receive healthcare, legal, or social assistance. Research suggests that many international and humanitarian programs struggle to engage women survivors effectively, often due to limited cultural sensitivity and reductive representations of Middle Eastern societies. In response to these limitations, a range of grassroots and feminist initiatives have emerged to provide alternative spaces of support and advocacy. This study examines six local and transnational initiatives in Beirut and Cairo that use both online and offline platforms to amplify women's voices and make visible experiences of violence. Drawing on eighty-one narratives of violence collected through these platforms, as well as eleven semi-structured interviews with initiative founders, this paper explores the relationship between women’s experiences of violence and their practices of resistance. More specifically, it examines how women resist in the face of intimate, structural, and political violence. This relationship is analyzed through a critical interdisciplinary framework informed by anthropology, transcultural psychology, critical sociology, and feminist studies. Our findings demonstrate how gender, class, ethnicity, sexuality, migration status, and disability shape both experiences of violence and possibilities for resistance. An intersectional feminist perspective allows us to situate these practices along a continuum ranging from highly visible acts—such as public testimonies, political activism—to less visible forms of resistance, including storytelling, solidarity, social awareness, and silence. Importantly, our analysis also highlights how silence and subtle acts of defiance—such as refusal, non-compliance, and strategic disengagement—can function as meaningful forms of resistance, particularly among women whose opportunities for overt political action may be constrained.
FR:
La violence à l’égard des femmes constitue un enjeu majeur de santé publique, entraînant des conséquences graves sur la santé physique (blessures permanentes) et mentale (dépression, suicide, etc.), et touchant plus de 35 % des femmes dans le monde (ONU, 2018 ; OMS, 2021). Dans le contexte post révolutionnaire arabe, la forte prévalence des violences sexuelles et physiques envers les femmes dans les espaces publics a donné lieu à de nombreuses interventions nationales et internationales visant à prévenir et à éliminer ces violences. Pourtant, malgré ces efforts, l’accès aux services de soutien demeure limité : seule une faible proportion des survivantes a recours aux services policiers, judiciaires, de santé ou aux services sociaux. Parmi les obstacles, plusieurs travaux montrent que les programmes internationaux et humanitaires peinent à répondre aux besoins des femmes concernées, notamment en raison d’un manque de sensibilité aux réalités locales et de représentations réductrices des femmes du monde arabe, souvent dépeintes comme des victimes passives et silencieuses, soumises à l’autorité religieuse et patriarcale. En réponse à ces limites, de nombreuses initiatives féministes de terrain, locales et transnationales, ont émergé afin de créer des espaces alternatifs de soutien, de solidarité et de mobilisation. Cette étude porte sur six initiatives implantées à Beyrouth et au Caire qui mobilisent des espaces en ligne et hors ligne afin de soutenir les femmes, d’amplifier leurs voix et de rendre visibles les violences qu’elles subissent. À partir de quatre-vingt-un récits de violence recueillis sur les plateformes Web de ces initiatives, ainsi que de onze entretiens semi-dirigés réalisés auprès de leurs fondatrices, cet article explore les liens entre les expériences de violence des femmes et leurs pratiques de résistance. Plus précisément, il examine la manière dont celles-ci négocient et résistent aux violences intimes, structurelles et politiques dans différents contextes de leur vie. Cette articulation entre violence et résistance est analysée à partir d’un cadre critique interdisciplinaire mobilisant l’anthropologie, la psychologie transculturelle, la sociologie critique et les études féministes. Les résultats montrent que les expériences de violence et les trajectoires de résistance sont façonnées par l’intersection de rapports sociaux liés au genre, à la classe sociale, à l’ethnicité, à l’orientation sexuelle, au statut migratoire et à la situation de handicap. Une perspective féministe intersectionnelle permet ainsi de situer les pratiques de résistance sur un continuum allant des formes les plus visibles — telles que les témoignages publics, l’activisme politique et l’engagement collectif — aux formes plus discrètes, comme les récits de soi, les gestes de solidarité, les prises de conscience sociale, et le silence agentif. Enfin, notre analyse montre que le silence, tout comme certains actes subtils d’insubordination — notamment le refus, la désobéissance ou le retrait stratégique — peut constituer une forme significative de résistance, en particulier lorsque les possibilités de prise de parole et d’action politique sont limitées dans l’espace public.
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Collaborative Teaching across Institutions: Reflections on Sharing Work and Creating a Feminist Space of Care
Lori Chambers, Bailey Gerrits and Nadia Verrelli
pp. 49–62
AbstractEN:
Amid growing awareness of gender-based violence on university campuses, teaching about this issue is urgent. Courses on gender-based violence hold transformative potential: they can foster critical consciousness, challenge systemic inequalities, and contribute to broader social change. Yet, as bell hooks (1994) reminds us, transformative teaching demands more than intellectual rigor—it requires emotional presence, care, collaboration, and vulnerability. For instructors, especially women, racialized, and/or genderqueer faculty, this work often entails significant emotional labour. This paper reflects on our experience of feminist pedagogical collaboration and support across institutions as a means of resisting the neoliberal imperative and making emotionally-challenging and potentially transformational courses more sustainable. In the fall of 2024, we taught parallel courses on gender-based violence across three universities and disciplines. We developed a collaborative model of feminist support. We co-designed our syllabi, shared teaching materials, and, as three white cisgender women, worked together to actively centre the experiences of queer and/or racialized folks and to de-colonize our course materials. We met weekly to reflect, troubleshoot, and care for one another. This paper reflects on this process as a form of feminist praxis—one that foregrounds care, reciprocity, and collective reflection as pedagogical tools. Our approach was both effective and affective and our experience contributes to feminist pedagogical scholarship by demonstrating that cross-institutional collaboration can mitigate the isolation of academic labour. This experiment both improved our teaching and helped us maintain wellness and enthusiasm while teaching difficult materials.
FR:
Dans un contexte où la violence fondée sur le genre sur les campus universitaires fait l’objet d’une prise de conscience croissante, il est urgent d’enseigner cette problématique. Les cours portant sur la violence fondée sur le genre ont un potentiel transformateur : ils peuvent favoriser une conscience critique, remettre en question les inégalités systémiques et contribuer à un changement social plus vaste. Pourtant, comme nous le rappelle bell hooks (1994), l’enseignement transformateur exige plus qu’une rigueur intellectuelle : il nécessite une présence émotionnelle, de la bienveillance, de la collaboration et de la vulnérabilité. Pour les personnes enseignantes, en particulier les femmes et les membres du corps professoral racisés ou queers, ce travail suppose souvent une importante charge émotionnelle. Cet article porte sur notre expérience de collaboration et de soutien pédagogiques féministes entre établissements comme moyen de résister à l’impératif néolibéral et de rendre plus durables les cours exigeants sur le plan émotionnel et susceptibles d’être transformateurs. À l’automne 2024, nous avons donné des cours parallèles sur la violence fondée sur le genre dans trois universités et trois disciplines. Nous avons élaboré un modèle de soutien féministe collaboratif. Nous avons conçu nos plans de cours conjointement, avons partagé du matériel pédagogique et, en tant que trois femmes blanches cisgenres, avons travaillé ensemble afin de placer activement au centre les expériences des personnes queers ou racisées et de décoloniser le contenu de nos cours. Nous nous sommes réunies chaque semaine pour réfléchir, résoudre les problèmes rencontrés et prendre soin les unes des autres. Cet article porte sur ce processus en tant que forme de praxis féministe, une approche qui place la bienveillance, la réciprocité et la réflexion collective au premier plan comme outils pédagogiques. Notre approche était à la fois efficace et axée sur l’affect, et notre expérience contribue aux travaux universitaires sur la pédagogie féministe en démontrant que la collaboration entre établissements peut atténuer l’isolement associé au travail universitaire. Cette expérience a non seulement amélioré notre enseignement, mais nous a également aidées à préserver notre bien-être et notre enthousiasme tout en enseignant des contenus difficiles.
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What is Mexican in Mexican Gothic? Transnationality and Mexico’s Mestizaje System in and around Silvia Moreno-Garcia’s Novels
Luisa Fernanda Grijalva-Maza and Claude Denis
pp. 63–74
AbstractEN:
Mexican Gothic (2020) by Silvia Moreno-Garcia (SMG) seems to embrace a transgressive role for the traditional Gothic heroine and for Southern mestizaje, countering colonialist forces, patriarchal subjectivities and a dominant morality. We argue instead that SMG’s perspective is not quite so inclusive and critical, and less anticolonialist than meets the eye. It is rather anchored in white feminism, and reproduces Mexico’s mestizaje system that promotes a whitening of the “race.” Mexican Gothic in particular tells a story of conflict between colonizers and colonized, but makes it a binary conflict of evil Europeans against valiant mestiza Mexicans, erasing the women of the First Peoples and of whole classes of non-whitened Mexicans. To understand this tension, we ask what is Mexican in Mexican Gothic. We begin with a discussion of the dominant narratives of Mexican identity, centred on whitening and mestizaje. Then, we look at how female characters are written in Mexican Gothic and five other novels. We outline the novel’s transnational conditions of production and reception, between Mexico (the author’s country of birth), Canada (where she lives) and the United States (where she publishes).
FR:
Le roman Mexican Gothic (2020) de Silvia Moreno-Garcia (SMG) semble donner un rôle transgressif à l’héroïne Gothique traditionnelle et au mestizaje du Sud, rejetant tant les forces colonialistes que les subjectivités patriarcales et la moralité dominante. Nous croyons au contraire que la perspective de SMG n’est pas aussi inclusive et critique, et moins anticolonialiste, qu’elle ne donne à voir. Elle est plutôt ancrée dans le féminisme blanc, et reproduit le système de mestizaje mexicain qui encourage le blanchiment de la «race ». En particulier, Mexican Gothic raconte une histoire de conflit entre colonisateurs et colonisé-e-s, mais en fait un conflit binaire entre méchants Européens et courageuses mestizas mexicaines, ce qui efface les femmes des Premiers Peuples ainsi que des classes entières de Mexicain-e-s non «blanchis». Pour comprendre cette tension, nous posons la question de ce qu’il y a de mexicain dans Mexican Gothic. Nous commençons par une discussion des principaux narratifs de l’identité mexicaine, centrés sur le blanchiment et le mestizaje. Nous examinons ensuite les personnages féminins, et la façon dont ils sont écrits, dans Mexican Gothic et cinq autres romans. Nous esquissons les conditions transnationales de production et de réception du roman, du Mexique (pays de naissance de l’autrice) au Canada (pays où elle vit) et aux États-Unis (là où elle publie).
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Playing Speculative Cat's Cradle: Reckoning with the Feminist Potentialities of Twine
Anna Lee-Popham, Sarah York-Bertram, Aparajita Bhandari, Laurence Butet-Roch, Sarah Choukah and Alison Harvey
pp. 75–89
AbstractEN:
Inspired by the feminist possibilities within digital technologies and acknowledging their limitations, the authors examine the collaborative process of creating Twine workshops for three conferences, the International Communications Association, the Canadian Communications Association, and the Open Technology in Education, Society, and Scholarship Association. The workshops engaged with Twine as an interactive tool for reckoning with narratives of Empire through feminist, nonlinear, non-normative, creative expression and explored how embracing the ethos of Twine might enable collaborative analog ideation. In Twine, we see ways to bifurcate from libertarian normalizations of individualism and instead posit “playing with speculative cat’s cradle” as a prompt from Donna Haraway to collectively reckon with, re-imagine, and co-experiment with burgeoning forms of digital expression to shape otherwise thinking and future possibilities. Drawing from our respective fields of expertise (digital cultures; communications; history; gender, feminist, and women’s studies; environmental studies; writing and rhetoric; game studies), we examine the opportunities and limitations of Twine and reflect on the process of forming a feminist collaboration. We highlight processes and relationships rather than solely focusing on outcomes as a deliberate feminist intervention against neo-liberal results-oriented approaches to research and suggest that a component of feminist collaboration is being open to nonlinear, ongoing, and iterative work together.
FR:
Inspirées par les possibilités féministes offertes par les technologies numériques, tout en reconnaissant leurs limites, les auteures examinent le processus collaboratif de création d’ateliers sur Twine pour trois conférences, soit celles de l’International Communications Association, de l’Association canadienne de communication et de l’Association pour l’ouverture/les technologies en éducation, dans la société et pour l’avancement des savoirs. Les ateliers ont mobilisé Twine comme outil interactif permettant d’aborder de manière critique les récits de l’Empire à travers une expression féministe, non linéaire, non normative et créative, tout en explorant la manière dont l’adoption de l’éthique de Twine pourrait favoriser une idéation analogique collaborative. Dans Twine, nous voyons des façons de s’écarter des normalisations libertariennes de l’individualisme et proposons plutôt de « jouer à un jeu de ficelle spéculatif » en suivant l’appel de Donna Haraway à réfléchir collectivement, à réimaginer et à coexpérimenter des formes émergentes d’expression numérique afin de façonner d’autres modes de pensée et de futures possibilités. En nous appuyant sur nos domaines d’expertise respectifs (cultures numériques; communications; histoire; études féminines, féministes et sur le genre; études environnementales; écriture et rhétorique; études des jeux), nous examinons les possibilités et les limites de Twine et réfléchissons au processus d’établissement d’une collaboration féministe. Nous mettons l’accent sur les processus et les relations plutôt que de nous concentrer uniquement sur les résultats, comme une intervention féministe délibérée contre les approches néolibérales axées sur les résultats en recherche. Nous suggérons aussi qu’un aspect de la collaboration féministe consiste à être ouvert à un travail commun non linéaire, continu et itératif.
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Resisting Colonial Limitations, Building Community and Sharing Knowledge: Urban Indigenous Women Determine their Reproductive and Sexual Futures
Holly McKenzie, Dory Nason, Colleen Varcoe, Betty McKenna, Paulete Poitras, Jenelle McArthur and Cassandra J. Opikokew Wajuntah
pp. 90–105
AbstractEN:
Colonial forces in North America have long targeted the reproductive practices of Indigenous women and gender-diverse people as part of the project to assert sovereignty over Indigenous lands and these oppressive forces continue to shape struggles for reproductive rights. While the reproductive choice movement remains predominantly focused on rights and access to abortion and contraceptives, Black women, women of colour, Indigenous women and Indigenous youth activists have taken up reproductive justice as a framework to analyze reproductive violence and advocate for reproductive freedom. Yet, missing from the extant literature are ways that Indigenous women activate reproductive justice in everyday contexts. Grounded in a collaborative, action-oriented study that amplified an Indigenous reproductive and sexual justice framework that is relational and centers self-determination, this paper examines how urban Indigenous women in Canada build reproductive and sexual self-determination through resisting colonial influences, drawing on government and community-based services, and contributing to the resurgence of Indigenous teachings and practices. Through foregrounding these material-discursive practices, our analysis highlights resistance work taking place outside of what is usually considered both reproduction and politics. In doing so, we aim to foster a broader view of ongoing resistance work, as well as illuminate future potential sites for movement-building.
FR:
Les forces coloniales en Amérique du Nord ont longtemps pris pour cible les pratiques reproductives des femmes autochtones et des personnes de genres divers dans le cadre de leur projet visant à affirmer leur souveraineté sur les terres autochtones, et ces forces oppressives continuent d’influencer les luttes pour les droits reproductifs. Alors que le mouvement pour le libre choix reproductif reste principalement axé sur les droits et l’accès à l’avortement et à la contraception, les femmes noires, les femmes de couleur, les femmes autochtones et les jeunes militantes autochtones ont adopté la justice reproductive comme cadre pour analyser la violence reproductive et défendre la liberté reproductive. Pourtant, la littérature existante ne rend pas compte de la manière dont les femmes autochtones mettent en oeuvre la justice reproductive dans leur quotidien. S’appuyant sur une étude collaborative et orientée vers l’action qui a mis en avant un cadre autochtone de justice reproductive et sexuelle fondé sur les relations et centré sur l’autodétermination, cet article examine comment les femmes autochtones vivant en milieu urbain au Canada construisent leur autodétermination reproductive et sexuelle en résistant aux influences coloniales, en s’appuyant sur les services publics et communautaires, et en contribuant à la renaissance des enseignements et des pratiques autochtones. En mettant en avant ces pratiques matérielles et discursives, notre analyse met en lumière les actions de résistance qui se déroulent en dehors de ce qui est habituellement considéré comme relevant à la fois de la reproduction et de la politique. Ce faisant, nous visons à favoriser une vision plus large des actions de résistance en cours, ainsi qu’à mettre en lumière de futurs terrains potentiels pour la construction de mouvements.
Original Literary Work / Oeuvres littéraires
Book Reviews / Critiques de livres
AMI Working Papers
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Introduction to the 2026 AMI Working Papers
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“You Strike a Woman, You Strike a Rock”: Challenges in the “Good Talk” of Transnational Feminism
Gugu Hlongwane
pp. 116–124
AbstractEN:
In this article, I investigate the complexities and challenges of a Black feminist praxis that seeks to decenter Western epistemologies by interrogating definitions of transnational feminism as a radical theoretical framework. Ultimately, by privileging situated knowledges, the paper underscores the value of dialogue or “good talk” between women as they engage in anti-global movements. The article is concerned with what a discerning transnational feminism might look like in the midst of systemic racism, patriarchal normativity, and gender imperialism.
FR:
Dans cet article, j’examine les complexités et les défis d’une praxis féministe noire qui cherche à décentrer les épistémologies occidentales en remettant en question les définitions du féminisme transnational en tant que cadre théorique radical. En définitive, en accordant une place privilégiée aux savoirs situés, l’article souligne la valeur du dialogue ou du « bon dialogue » entre les femmes lorsqu’elles s’engagent dans des mouvements antimondialisation. L’article s’intéresse à ce que pourrait être un féminisme transnational éclairé au coeur du racisme systémique, de la normativité patriarcale et de l’impérialisme de genre.
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The Importance of Gender-Based Violence in Politics: An Interview with Tracey Raney
Adebola Esther Osegboun
pp. 125–131
AbstractEN:
Gender-based violence in politics (GBV-P) is undoubtedly a serious issue globally, and it remains both under-researched and under-addressed. This interview seeks to shed further light on the issue and contribute to greater awareness by engaging with the work and insights of Professor Tracey Raney, a leading scholar on GBV-P. Drawing from her extensive research, including her 2024 co-edited book Gender-Based Violence in Canadian Politics in the #MeToo Era, the discussion draws attention to this serious threat to democracy. The interview offers readers an opportunity to understand the motive, forms, and impacts of gender-based violence (GBV) in political spaces. It also emphasizes that there is no “one-size-fits-all” solution to addressing this issue; rather, effective responses must be context-specific and attentive to the different political levels and lived experiences of those affected. Also in this conversation, Professor Raney discusses the nature and prevalence of GBV in Canadian politics, as well as how intersecting identities—particularly gender, race, and sexual orientation—shape the forms of violence experienced by women and gender-diverse political actors. She also reflects on the role of social media and mainstream media in these harmful gendered narratives, as well as examining the existing policy responses to GBV-P and their gaps. Finally, the interview reveals the resilience and agency of women navigating political spaces despite these challenges, while emphasizing that there is still much work to do in order to fully understand and address GBV-P. Professor Raney calls for collective action and decolonial, intersectional strategies to meaningfully confront this issue. Readers can expect a critical and engaging exploration of GBV-P and the possible pathways toward change.
FR:
La violence fondée sur le genre en politique (VFG-P) constitue indéniablement un grave problème à l’échelle mondiale et demeure un phénomène à la fois peu étudié et insuffisamment pris en compte. Cette entrevue vise à approfondir la compréhension de cette question et à contribuer à une meilleure sensibilisation en s’intéressant aux travaux et aux réflexions de la professeure Tracey Raney, chercheuse de premier plan dans le domaine de la VFG-P. S’appuyant sur ses nombreuses recherches, notamment sur son ouvrage codirigé en 2024, Gender-Based Violence in Canadian Politics in the #MeToo Era, la discussion attire l’attention sur cette grave menace pour la démocratie. L’entrevue permet aux lecteur·trice·s de mieux comprendre les motivations, les formes et les répercussions de la violence fondée sur le genre (VFG) dans les espaces politiques. Elle souligne également qu’il n’existe pas de solution universelle pour s’attaquer à ce problème; les interventions efficaces doivent plutôt être adaptées au contexte et tenir compte des différents paliers politiques ainsi que des expériences vécues des personnes touchées. Au cours de cette conversation, la professeure Raney aborde également la nature et la prévalence de la VFG dans la politique canadienne, ainsi que la manière dont les identités intersectionnelles, notamment le genre, la race et l’orientation sexuelle, façonnent les formes de violence vécues par les femmes et les personnes de diverses identités de genre qui oeuvrent en politique. Elle réfléchit également au rôle des médias sociaux et des médias traditionnels dans la diffusion de ces récits genrés préjudiciables, tout en examinant les mesures prises actuellement pour lutter contre la VFG-P et leurs lacunes. Enfin, l’entrevue met en lumière la résilience et la capacité d’agir des femmes qui évoluent dans les espaces politiques malgré ces difficultés. Elle souligne notamment qu’il reste encore beaucoup à faire pour comprendre pleinement la VFG-P et y remédier. La professeure Raney appelle à une action collective et à des stratégies décoloniales et intersectionnelles afin de s’attaquer véritablement à cette question. Les lecteur·trice·s peuvent s’attendre à une analyse critique et stimulante de la VFG-P ainsi que des pistes possibles de changement.
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Two Poems
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Unmasking the University: An Interview with Corinne L. Mason and Irene Shankar