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Dossier – Regards sur la bande dessinée au Québec

Regards sur la bande dessinée au QuébecPrésentation du dossier[Record]

  • Philippe Rioux and
  • Sylvain Lemay

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  • Philippe Rioux
    École des arts et cultures, Université du Québec en Outaouais (UQO)

  • Sylvain Lemay
    École des arts et cultures, Université du Québec en Outaouais (UQO)

Après plus d’un siècle de développement ardu, comme en témoignent certains titres d’articles (tels La bande dessinée québécoise : sempiternels recommencements [Jacques Samson, 1997]; La BD au Québec : une route semée d’embûches [Viau, 2008]), la bande dessinée québécoise semble s’installer durablement dans le paysage culturel. Pour la première fois de son histoire, elle voit, au XXIe siècle, des éditeurs qui se vouent à cet art tout en semblant destinés à passer l’épreuve du temps (Les 400 coups, La Pastèque, Mécanique générale, Glénat Québec, etc.). Des institutions s’établissent par ailleurs : l’École des arts et cultures de l’Université du Québec en Outaouais qui offre des programmes en bande dessinée depuis 1999, BD Québec et, depuis l’hiver 2025, une Maison de la bande dessinée a pignon sur rue à Québec. Les festivals consacrés au neuvième art se sont également inscrits dans la durée : Québec (38 éditions depuis 1988), Gatineau (21 éditions depuis 2000), Montréal (14 éditions depuis 2011) et Prévost (12 éditions depuis 2013). La bande dessinée québécoise compte maintenant d’importants succès commerciaux d’auteurs, que ce soit chez des éditeurs locaux ou étrangers. On peut penser, entre autres, aux oeuvres de Michel Rabagliati (la série Paul, parue chez La Pastèque), d’Alex A. (L’agent Jean, chez Presses Aventure), Delaf et Dubuc (Les Nombrils, Dupuis), Guy Delisle (la série des Chroniques…, à l’Association), etc. Ces développements récents sont assortis d’une couverture médiatique de la BD québécoise qui n’a jamais été aussi abondante et qui atteste, au-delà des succès commerciaux, du succès d’estime de cette production. Julie Doucet, Guy Delisle, Michel Rabagliati, Christian Quesnel et Isabelle Arsenault ont tous été primés lors de la plus importante manifestation consacrée à la bande dessinée en France, le Festival de la bande dessinée d’Angoulême. D’un autre côté, la recherche et le discours analytique ou universitaire à l’égard de la BD québécoise demeurent sous-développés, compte tenu du formidable essor du médium et du nombre d’oeuvres publiées. Son histoire a été étudiée par la chercheuse Mira Falardeau (1994 et 2008), le chercheur Michel Viau (2021, 2022) et dans le cadre d’une revue critique, Sentinelle (3 numéros en 2015). À ces publications s’ajoutent de rares thèses et mémoires, dont ceux de Beaulac (1974), Falardeau (1981), Hébert (1981), Saouter-Caya (1990), Boisvert (1993), Lemay (1996 et 2012), Lamothe (2011), Berthiaume (2012) et Rioux (2019). Néanmoins, la majorité des corpus de bande dessinée étudiés dans les universités québécoises concerne surtout des oeuvres et des auteurs franco-belges, américains et japonais. Il faut souligner la publication ces dernières années de deux numéros de revues portant spécifiquement sur la bande dessinée québécoise : le premier dans Voix et Images (2018), sous la direction de Carmélie Jacob et Catherine Saouter, et le second dans @nalyses (2024), sous la direction de Maël Rannou. Les contributions que ces deux ouvrages collectifs contiennent s’intéressent surtout à la production contemporaine, à l’exception d’un texte de Stéphanie Danaux sur Théophile Busnel et Albéric Bourgeois, dans Voix et Images. Par l’attention qu’il accorde aux oeuvres et aux auteurices du XIXe siècle, notre numéro vient donc s’inscrire dans la continuité de ces deux ouvrages, tout en explorant également les utilisations du neuvième art québécois à l’université. Il faut dire que nous constatons depuis quelques années une présence de plus en plus grande de la bande dessinée à l’intérieur des institutions universitaires. Plus qu’un objet d’étude, elle est notamment utilisée dans le cadre de la valorisation de la recherche. Des doctorants emploient aussi le médium pour développer et illustrer les résultats de leurs recherches et des projets de grande ampleur, comme le corpus Ébullition du …

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