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Recensions

Morrissette, J., Demazière, D. et Dupont-Leclerc, M. M. (2024). Former et se former en recherche qualitative – Pratiques et enjeux en tension. Presses de l’Université Laval[Notice]

  • Émile Caron

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  • Émile Caron Université de Montréal

Ce collectif dirigé par Morrissette, Demazière et Dupont-Leclerc s’inscrit dans la volonté de l’Association de la recherche qualitative (ARQ) de proposer des volumes ayant pour but de démocratiser et de rendre compte de différentes pratiques dans le champ des approches qualitatives. Cet ouvrage s’imbrique, d’une certaine manière, aux réflexions qui ont mené à la parution du livre [Se] Former à et par l’écriture du qualitatif (Forget et Malo, Presses de l’Université Laval, 2021), trois ans auparavant. Le volume de Morrissette et collaborateur·rice·s accorde toutefois une plus grande place aux formateur·rice·s. L’introduction (p. 1-8), signée par les directeur·rice·s de l’ouvrage, insiste sur la nécessité du dialogue dans les milieux qui composent les sciences sociales, et ce, dès l’apprentissage des premières notions en recherche. « L’apprentissage par l’action » – au sens où l’entendait Dewey – guide la structure du collectif. Suivant cette optique, la première partie, ayant pour thème l’apprentissage du qualitatif dans les contextes informels, s’ouvre avec un premier chapitre (p. 11-28) où Boulebsol et Rousseau relatent l’importance des lieux d’apprentissage traditionnels. Les auteures livrent un témoignage frappant sur l’impact de données relatant les violences physiques faites aux femmes, et sur l’importance du dialogue, tant sur le plan émotionnel que scientifique. Le chapitre de Bélanger-Sabourin et de Larochelle (p. 29-44) poursuit les idées du texte précédent. En se mettant en scène à travers un dialogue, les deux chercheuses montrent de manière extrêmement concrète l’importance du dialogue pour accéder à « ce qui ne s’enseigne pas » (p. 29). Lefebvre, dans le troisième chapitre (p. 45-60), continue de s’intéresser aux contextes informels, mais cette fois-ci hors des murs de l’université. L’auteure rapporte comment son engagement au sein des mouvements sociaux lui a permis de bonifier l’expérience acquise durant ses années de formation universitaire. Le quatrième chapitre, rédigé par Querrien et collaboratrices (p. 61-78), témoigne de l’importance des contextes sociopolitiques dans l’élaboration d’un projet à dimension qualitative. En rapportant les difficultés liées à la réalisation d’une étude sur l’apprentissage des langues secondes dans le contexte de la pandémie de COVID-19, les auteures soulignent le caractère bidirectionnel qu’entretient la recherche qualitative avec les enjeux des sociétés qu’elle étudie. Les lieux de formation plus standards font leur retour dans le cinquième chapitre, signé par Montolío et collaborateur·rice·s (p. 79-98), qui soulignent l’attrait d’une formation qualitative complémentaire continue au sein de processus de validation ou de mesure, traditionnellement quantitatifs. Le sixième chapitre, qui clôt la première partie du collectif, met de l’avant les travaux de Dufault (p. 99-112), dans lesquels l’auteure réfléchit aux préoccupations des étudiant·e·s en formation initiale par l’entremise d’un cours : « L’Atelier du praticien-chercheur réflexif » (p. 101). La deuxième partie du livre sur les fonctions de l’innovation dans l’enseignement du qualitatif est introduite par un texte de Beauchemin et collaboratrices (p. 115-132), interrogeant le rôle du club de lecture au sein des groupes de recherche. Le huitième chapitre, rédigé par Ummel (p. 133-148), continue de s’intéresser aux enjeux de l’innovation pédagogique à travers l’enseignement de l’évaluation critique de la recherche qualitative. Meilleur, dans le neuvième chapitre (p. 149-164), revêt son rôle de formatrice pour aborder la création de sens dans l’enseignement en psychologie. C’est à Nicourd que revient le rôle de conclure la deuxième partie du collectif avec le dixième chapitre (p. 165-176), qui, toujours lié à la thématique de la formation par l’innovation, s’intéresse à l’enseignement de la méthodologie qualitative dans un cadre asynchrone en montrant comment la conception d’un module numérique peut favoriser la coopération dans un contexte d’innovation. Le collectif se clôt sur la postface (p. 177-188) de Dembélé, dans laquelle l’auteur lie les deux parties du …

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