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Dossier

PERSPECTIVES SUR LES LITTÉRATURES FRANCOPHONES DU CANADA : PRÉSENTATION[Record]

  • Ariane Brun del Re and
  • Francis Langevin

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  • Ariane Brun del Re
    Centre de recherche sur les francophonies canadiennes, Université d’Ottawa

  • Francis Langevin
    University of British Columbia – Okanagan

L’histoire du Québec et de la francophonie canadienne est souvent racontée comme celle d’une rupture : le Canada français, cette nation qui rassemblait les francophones du pays (mis à part ceux de l’Acadie, qui était une colonie distincte de la Nouvelle-France), se serait progressivement dissout au cours du xxe siècle, avant d’éclater pour de bon à la fin des années 1960. Lors des États généraux du Canada français qui se sont tenus à cette époque, la proposition d’émonder l’arbre pour en épargner le tronc obtient l’appui de la majorité : « les délégués québécois s’entendent sur une définition territoriale de la nation » qui correspond aux frontières du Québec, tandis que « les délégués des autres provinces refusent cette conception » puisqu’elle les écarte du projet national. Comme l’explique François Paré, « [d]ans le domaine littéraire, le choc est majeur ». L’éclatement définitif du Canada français entraîne une redéfinition, voire une récupération de la littérature canadienne-française, qui portera le nom de littérature québécoise à partir des années 1960 et 1970. Le réseau littéraire canadien-français qui rayonnait au-delà des frontières du Québec s’éteint, comme l’explique Paré en s’attachant à l’exemple de l’Ontario : C’est en réponse au « vacuum » créé par l’écroulement de cet édifice institutionnel canadien-français que les premières institutions littéraires franco-canadiennes, distinctes de celles du Québec, sont mises sur pied. Au début des années 1970, trois maisons d’édition, une pour chacune des grandes communautés francophones minoritaires – l’Acadie, l’Ontario français et l’Ouest francophone – sont créées en autant d’années : les Éditions d’Acadie à Moncton en 1972, les Éditions Prise de parole à Sudbury en 1973 et les Éditions du Blé à Saint-Boniface en 1974. Comme leur nom l’indique, elles adoptent le mandat de servir leur communauté littéraire immédiate, ce qui marque la naissance des littératures acadienne (contemporaine), franco-ontarienne et franco-manitobaine. À l’image de celle du Québec, ces nouvelles littératures sont « fondées elles aussi sur la langue et sur des territoires problématisés à l’extrême ». Par la suite, d’autres maisons d’édition s’ajouteront à ces trois institutions fondatrices, permettant à ces nouveaux espaces littéraires de prendre de l’envergure et de se diversifier en marge de la littérature québécoise, qui connaît un essor important sous sa nouvelle appellation. Malgré la création de ces nouvelles institutions littéraires, les défis demeurent nombreux. En raison de leurs conditions d’existence précaires, de leur faible lectorat, de leur invisibilité dans l’espace médiatique et de leur rapport inégal au pouvoir en comparaison des littératures dominantes – et ouvertement affirmatives de la nation : nationales –, les nouveaux espaces littéraires franco-canadiens font partie de ce que Paré nomme, dès 1992, les « littératures de l’exiguïté », un concept qui a contribué à légitimer cet objet d’étude et à nourrir de multiples récits de (re)fondation des littératures francophones minoritaires du Canada, tant dans la recherche universitaire que dans l’enseignement. Pour pallier leur fragilité respective, les littératures de l’Acadie, de l’Ontario français et de l’Ouest francophone travaillent à mettre en place de nouvelles structures pancanadiennes – et ce, sans passer par le Québec – dès la fin des années 1980. C’est dans ce contexte que le Regroupement des éditeurs franco-canadiens est fondé en 1989 ; que la maison d’édition Prise de parole recueille une partie du catalogue des Éditions d’Acadie qui ont fait faillite en 2000; et que la revue d’origine franco-ontarienne Liaison s’ouvre à l’Acadie et à l’Ouest francophone en 2006, avant de mettre fin à ses activités en 2018. Ces initiatives, qui visaient à solidariser et à solidifier les littératures franco-canadiennes, ont possiblement contribué à les rendre plus visibles depuis le Québec. En réalité, les …

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