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Environnement et tourisme dans le monde post-COVID-19. Effets croisés et objectifs antinomiques ?

Introduction : Environnement et tourisme dans le monde post-COVID-19. Effets croisés et objectifs antinomiques ?Introduction: Environment and tourism in the post-COVID-19 world. Cross-effects and contradictory objectives?[Record]

  • Juste Rajaonson and
  • Yann Roche

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  • Juste Rajaonson
    Géographe, Professeur au Département d’études urbaines et touristiques, Université du Québec à Montréal (UQAM), Québec, Canada, adresse courriel : rajaonson.juste@uqam.ca

  • Yann Roche
    Géographe, Professeur au Département de géographie, Université du Québec à Montréal (UQAM), Québec, Canada, adresse courriel : roche.yann@uqam.ca

Depuis plusieurs décennies, les liens entre environnement et tourisme font l’objet d’une littérature abondante. D’une part, de nombreux travaux ont montré que le tourisme exerce une pression structurelle sur les écosystèmes par la consommation d’espaces, les infrastructures et les flux de transport qu’il génère (Alegre et Garau, 2010 ; Belsoy et al., 2012). D’autre part, l’environnement a toujours constitué une ressource essentielle pour le tourisme : son attractivité naturelle, sa biodiversité ou ses paysages façonnent les destinations, tandis que ses perturbations, qu’il s’agisse de catastrophes naturelles ou de dégradations progressives, conditionnent la fréquentation (Kaján et Saarinen, 2013). Enfin, dans certains contextes, le tourisme a contribué au financement de la protection environnementale (Roberts et al., 2017), esquissant un équilibre fragile entre exploitation et préservation. La pandémie n’a pas fondamentalement modifié les rapports entre tourisme et environnement, mais elle en a mis au jour les contradictions les plus profondes, redonnant de la visibilité à des enjeux longtemps relégués. L’arrêt brutal des flux internationaux, conjugué à une reconfiguration des mobilités domestiques et régionales, a produit des effets contrastés : soulagement de sites saturés, pression accrue sur des espaces nouvellement fréquentés, fragilisation de pans entiers de l’économie touristique (Zinser et al., 2020 ; Nagaj et Zuromskaité, 2021 ; Aydın et al., 2021 ; Rajaonson et Tanguay, 2022). Dans certains cas, l’environnement a bénéficié d’une « pause anthropique », dans d’autres, il a subi une intensification des usages, liée à la redistribution des flux (Vaishar et Štastná, 2020 ; McGinlay et al., 2020 ; Yang et al., 2021). Aujourd’hui, alors que le tourisme mondial se reconstruit, les questions se posent avec une acuité nouvelle : comment concilier relance économique, transition écologique et équité territoriale ? Quelles échelles et quels instruments mobiliser pour renforcer la résilience des destinations ? Quels modèles privilégier pour éviter que le retour du surtourisme ne compromette des engagements internationaux en matière de biodiversité et de décarbonisation ? C’est sur ces interrogations que se penche ce numéro spécial de la revue VertigO, en rassemblant cinq contributions qui explorent, chacune à leur manière, les effets croisés et parfois antinomiques de la relation entre tourisme et environnement dans un monde post-COVID-19. L’article inaugural de Juste Rajaonson et Yann Roche, Tourisme et environnement post-COVID-19 : une analyse critique des tendances émergentes, propose une grille de lecture théorique et critique des impacts environnementaux du tourisme post-pandémique. Les auteurs distinguent trois types d’impacts : amplifiés, réduits et émergents. Surtout, ils mettent en lumière la montée en visibilité de quatre concepts structurants : la régénération, la résilience, l’économie circulaire et la transition écologique. L’intérêt de ce texte est double. D’une part, il permet de réordonner les multiples observations produites depuis 2020 en une typologie analytique. D’autre part, il souligne l’écart entre discours et pratiques : si des concepts dominent désormais la rhétorique du secteur, leur traduction opérationnelle reste incertaine. Ce constat met en évidence la nécessité d’un effort accru de recherche empirique et de développement d’indicateurs probants, afin de passer de la déclaration d’intentions à une véritable transformation. Les deux articles suivants apportent un éclairage empirique contrasté sur la vulnérabilité et la résilience des destinations face aux effets de la pandémie et du changement climatique. Dans Le tourisme balnéaire de la commune de Diembéring (Basse Casamance, Sénégal) face à l’érosion côtière, Sadou Bocoum, Laurent Touchart, Pascal Bartout et Cheikh Faye documentent l’impact de l’érosion côtière sur les infrastructures touristiques de Basse-Casamance sur le littoral ouest-africain. L’analyse cartographique révèle une perte massive de plages et de végétation côtière entre 1979 et 2022, plaçant directement en danger 14 % des infrastructures …

Appendices