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Comptes rendusBook Reviews

Sanjun Sun, Kanglong Liu and Ricardo Moratto, eds. Translation Studies in the Age of Artificial Intelligence. London and New York, Routledge, 2025, 236 p.[Record]

  • Raúl E. Colón Rodríguez

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  • Raúl E. Colón Rodríguez
    Université d’Ottawa

Publié dans la collection Routledge Studies in Translation Technology and Techno-Humanities, l’ouvrage collectif dirigé par Sanjun Sun, Kanglong Liu et Riccardo Moratto se propose d’examiner, de façon empirique et critique, les transformations de la traductologie à l’ère de l’intelligence artificielle. L’introduction, intitulée « Navigating the Paradigm Shift – Translation Studies in the Age of AI », situe le volume dans le contexte d’un changement de paradigme : la traduction n’est plus conçue comme simple transfert linguistique, mais comme interaction cognitive entre agents humains et non humains. Les directeurs y rappellent que l’intelligence artificielle générative, loin de dissoudre les compétences humaines, redéfinit leur périmètre : « The implications of these developments are far-reaching, challenging traditional notions of translation expertise and reshaping the role of human translators » (p. 1). Cette perspective s’inscrit dans la continuité de la réflexion initiée par Minako O’Hagan (2023), qui appelait à dépasser la logique instrumentale de l’outil pour envisager une « coopération techno-cognitive ». Sun, Liu et Moratto prolongent cette idée en soulignant que la traductologie ne peut ignorer les réalités industrielles et pédagogiques des technologies de traitement automatique du langage. L’ouvrage adopte une approche résolument pluridimensionnelle, articulant théorie, pratique et pédagogie : il rassemble 10 chapitres consacrés à l’évolution des pratiques professionnelles, à la formation et aux enjeux éthiques liés à l’automatisation croissante des processus traductifs. Il ambitionne de dresser un état des lieux documenté de la coévolution entre humain et machine, tout en ouvrant le débat sur les conditions d’une traductologie responsable, consciente des biais, des potentialités et des limites de l’IA. Ce positionnement confère à l’ensemble une cohérence à la fois scientifique et pragmatique : les contributions reposent sur des enquêtes, expérimentations et études de cas qui illustrent la variété des réponses que les traducteurs, enseignants et chercheurs apportent à cette mutation en cours. La section suivante propose une analyse détaillée des chapitres, afin de dégager les apports spécifiques et la portée critique du volume. Ce texte introductoire situe d’emblée la réflexion dans le contexte d’un changement de paradigme sans précédent. Les directeurs affirment que « the recent emergence of artificial intelligence (AI) […] marks an unprecedented paradigm shift in the translation landscape » (p. 1). L’objectif n’est pas de célébrer la technologie, mais de comprendre comment elle redéfinit les pratiques, les outils et les cadres conceptuels de la traductologie contemporaine. Les auteurs soulignent que « AI’s impact on translation is multifaceted and profound » (p. 1), touchant aussi bien la théorie que la pédagogie et l’industrie. La traduction devient un écosystème co-évolutif, où humains et machines collaborent à différents niveaux de la chaîne de production linguistique. Ils rappellent que « post-editing of machine translation output has become a standard practice » (p. 4) dans de nombreux secteurs, illustrant une intégration structurelle des technologies dans le flux de travail traductif. Les avancées récentes des modèles de grande taille sont mises en évidence : « These models, trained on vast amounts of multilingual data, demonstrate remarkable capabilities in understanding context, generating coherent text, and even performing zero-shot translation » (p. 1; citant Jiang et al., 2024). Cette évolution modifie profondément les exigences professionnelles : « Translators are now increasingly engaged with a vast array of digital and multimodal content » (p. 2), ce qui appelle de nouvelles compétences techniques et cognitives. Enfin, les auteurs annoncent un repositionnement du traducteur dans la chaîne de valeur : « Translators are increasingly taking on roles as language consultants, cultural mediators, and even data curators » (p. 5). Ce glissement du rôle individuel vers la curation collective résume l’esprit du volume : penser la traduction à …

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