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ÉditorialEditorial

Des données scientifiques librement accessibles : un critère émergent de la science ouverteOpen-access Scientific Data: An Emerging Criterion of Open Science[Record]

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  • José Côté ORCID logo 0000-0002-0617-2861 Faculté des sciences infirmières, Université de Montréal, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, Québec, Canada jose.cote@umontreal.ca

  • Mélina Bernier ORCID logo 0000-0003-4095-0388 Faculté des sciences infirmières, Université de Montréal, Québec, Canada

Correspondance | Correspondence

José Côté jose.cote@umontreal.ca

Portée par des valeurs fondamentales de qualité et d’intégrité, d’intérêt collectif, d’équité, de diversité et d’inclusion, l’UNESCO définit la science ouverte « comme un concept inclusif qui englobe différents mouvements et pratiques visant à rendre les connaissances scientifiques multilingues, librement accessibles à tous et réutilisables par tous, à renforcer la collaboration scientifique et le partage des informations au profit de la science et de la société, ainsi qu’à ouvrir les processus de création, d’évaluation et de diffusion des connaissances scientifiques aux acteurs de la société au-delà de la communauté scientifique traditionnelle » (UNESCO, 2021, page 7). Ainsi, selon l’UNESCO (2021), la science ouverte repose sur des piliers essentiels : les connaissances scientifiques ouvertes; les infrastructures de la science ouverte; la participation ouverte des acteurs de la société; et le dialogue ouvert avec les autres systèmes de connaissances. Depuis sa création, Science of Nursing and Health Practices / Science infirmière et pratiques en santé s’inscrit dans ce mouvement de la science ouverte, soit de rendre accessibles les connaissances scientifiques par la publication en libre accès d’articles présentant, entre autres, les résultats de synthèses de connaissances et de recherches empiriques. Dans cette visée d’accès aux connaissances scientifiques, la revue se positionne quant au partage des données associées aux publications, c’est-à-dire l’ensemble des données associées aux résultats étayés dans un article. Par exemple, un fichier Excel d’extraction de données d’une revue systématique ou les mesures de la qualité de vie auprès d’une population d’une recherche longitudinale. La finalité et les objectifs spécifiques de ce partage des données de la recherche, notamment des données issues de la recherche financée par des fonds publics, sont de promouvoir une culture de la transparence et de l’ouverture favorisant une utilisation responsable et efficiente des données (Organisation de coopération et de développement économiques, 2007). L’accès efficace aux données facilite la réutilisation des données de la recherche; ce qui permet en outre le développement de nouvelles hypothèses, la combinaison de données provenant de sources différentes, et assure la reproductibilité et la validation des résultats. Cela peut permettre d’éviter la duplication dans la collecte des données et favoriser la collaboration scientifique afin de renforcer et d’accélérer les retombées de la recherche dans différents milieux. Concrètement, comment le partage peut-il se faire? Le partage des données s’appuie sur une bonne gestion des données et, conformément aux principes FAIR, les données doivent être facilement trouvables, accessibles, interopérables et réutilisables (Gouvernement du Canada, 2025). Ainsi, les données peuvent être déposées dans des entrepôts sécurisés (ex. : l’entrepôt de données Borealis, qui héberge des collections numériques de la majorité des universités canadiennes, Recherche Data Gouv, une plateforme nationale française ou Zenodo, un entrepôt européen) en utilisant des identifiants numériques pérennes pour une meilleure traçabilité. Bien que les avantages de cette initiative soient reconnus pour l’avancée de la science, elle comporte des enjeux/défis d’opérationnalisation. Ainsi, pour les chercheuses et chercheurs, élaborer un plan de gestion des données (format et documentation des données) nécessite du temps et des ressources financières. D’autre part, il faut protéger les données sensibles ou personnelles et obtenir le consentement des personnes participantes, le cas échéant, pour le partage. Ainsi, il est de bonne pratique maintenant de préciser dans les formulaires de consentement que les données anonymisées pourront être partagées, préservant ainsi l’autonomie des participant·es et attestant de leur consentement. À l’heure actuelle, certaines revues scientifiques se spécialisent dans la publication d’article de données ou data papers. Si cette pratique n’est pas répandue, elle pourrait devenir une pratique courante dans l’avenir. Il s’agit d’un article dans lequel les jeux de données sont décrits en détail, de même que les stratégies …

Appendices