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Comptes rendus

Marjorie Anne Hillman MacDonald, La guerre civile en Acadie au XVIIe siècle, éditeur Gregory Michael William Kennedy, Québec, Septentrion, 2023, 238 p.[Record]

  • Luca Codignola

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Les principaux acteurs de ce conflit acharné pour le contrôle de la Baie Française (plus tard Bay of Fundy), ici désigné comme une « guerre civile », qui se déroula surtout entre 1640 et 1645 en Acadie, furent Charles de La Tour, aussi connu comme Charles de Saint-Étienne de La Tour (1593-1666), établi à l’embouchure de la Rivière Saint-Jean, aujourd’hui située dans le Nouveau-Brunswick, et Charles de Menou, sieur d’Aulnay (1604/1605-1650), qui résidait pour sa part à Port-Royal, en Nouvelle-Écosse. Depuis la narration faite par l’historien américain Francis Parkman (1823-1893), qui en fit l’introduction à son The Old Régime in Canada (1874), les faits sont assez bien connus. Cependant, les historiens ont montré une tendance partisane envers les deux personnages en question qui allait bien au-delà de la narration des événements. À titre d’exemple, on peut souligner la polémique farouche entre deux célèbres historiens du tournant du XIXe siècle, Émile Lauvrière (1866-1954) et l’abbé Azarie Couillard-Desprès (1876-1939) (ce dernier étant un descendant de La Tour), qui s’est matérialisée par la publication de deux livres parus en 1932 : Deux Traîtres d’Acadie et leur Victime. Les Latour père et fils (Lauvrière) et Charles d’Aulnay et Charles de Saint-Étienne de La Tour gouverneur en Acadie 1593-1666 au tribunal de l’Histoire (Couillard-Desprès). En 1983, Marjorie Anne Hillman MacDonald (1917-2015) publia à Toronto, chez Methuen Fortune & La Tour: The Civil War in Acadia, une histoire de ce conflit fondée sur ses recherches archivistiques au Canada, en France et à Boston ainsi que sur une utilisation assez originale des journaux du gouverneur de la province de Massachusetts Bay, John Winthrop, Sr. (1588-1649). Elle possédait également une bonne connaissance des fouilles archéologiques menées sur les lieux du conflit et bénéficia de conversations avec des historiens à l’époque à la pointe fine de la recherche, tels les vétérans Robert Le Blant (1898-1989) et l’abbé Clarence-Joseph d’Entremont (1909-1998), et avec les jeunes John G. Reid (en Acadie) et Raymonde Litalien (à Paris). Madame Hillman MacDonald était née en Ontario mais elle avait vécu la plupart de sa longue vie dans les Provinces Maritimes, où elle avait été journaliste et surtout muséologue. Ceci est un compte rendu de la nouvelle édition (2023) du livre de Madame Hillman MacDonald, et non de l’édition originale de 1983. La thèse du livre reste, évidemment, la même. Ce qui empêcha le développement de l’Acadie fut la combinaison de « la mauvaise gestion du gouvernement français », qui ne fut jamais réellement intéressé à coloniser la région, et le conflit personnel entre les deux grandes figures de l’époque (p. 36). Pourtant, la relecture de La Guerre civile en Acadie a suscité d’emblée chez l’auteur de ce compte rendu deux réflexions sur son auteure. Premièrement, Madame Hillman MacDonald montre une prédilection évidente pour la civilisation anglaise par rapport à la française. La comparaison entre la « vigoureuse expansion » de la Nouvelle-Angleterre et les minces résultats de la colonisation française se manifeste pleinement à travers leurs populations respectives : quelque 350 résidents en Acadie, et 13 000 en Nouvelle-Angleterre (p. 128, 131, 148). Londres est une ville propre où l’on vit « plus simplement », tandis que Paris est débordée d’ordures et peuplée « de quêteux indigents » (p. 160). En outre, Madame Hillman MacDonald considère « étouffante » la dépendance de la Nouvelle-France de sa métropole (p. 125), ce qui semble contradictoire avec son opinion que la couronne française aurait dû s’ingérer davantage dans les affaires de sa colonie d’outre-mer. (Cette contradiction est également soulignée par l’éditeur de la version française, M. Gregory Kennedy [p. 16]). La deuxième réflexion est que …

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