C’est avec un immense plaisir que nous vous présentons le numéro de juillet 2025 de la Revue québécoise de psychologie, un numéro thématique qui met en valeur toute la richesse du savoir expérientiel des praticiens et praticiennes en psychologie. Soutenue par le Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC), la Revue québécoise de psychologie poursuit son engagement dans un processus d’actualisation visant à répondre aux plus hauts standards scientifiques et à mieux refléter l’évolution du domaine. Dans cette perspective, la Revue adopte aujourd’hui une toute nouvelle mise en page, à la fois moderne et dynamique, qui s’inspire des tendances contemporaines en édition scientifique. Ce visuel renouvelé a été pensé pour rehausser la qualité de présentation des articles tout en offrant aux lecteurs et lectrices une expérience de lecture plus agréable et intuitive. La précarité psychique, un phénomène complexe qui demeure à la fois vaste et encore peu balisé, constitue néanmoins un terrain particulièrement fécond pour revisiter nos façons de concevoir la souffrance psychique, l'intervention et la recherche. Ce numéro thématique a été piloté avec engagement par Mme Catherine Ethier et Mme Mylène Demarbre, toutes deux psychologues cliniciennes oeuvrant directement sur le terrain. Fortes de leur expérience au sein d’un milieu communautaire profondément marqué par les inégalités sociales, elles offrent une réflexion précieuse, à la fois empreinte de sensibilité et de pensée critique qui est ancrées dans l'expérience subjective des personnes qu’elles accompagnent. Ce numéro adopte volontairement une forme d’écriture qui s’écarte des conventions académiques traditionnelles pour laisser place à une parole plus vivante et ancrée dans l’expérience. Les textes proposés ici, denses et traversés d’un souffle clinique authentique, demeurent profondément habités par une grande humanité. Ils ouvrent la voie sur une pensée clinique riche et incarnée. Ces contributions témoignent d’un effort collectif pour faire entendre des voix et des réalités souvent absentes de l’espace scientifique : des existences marginalisées, des parcours éclatés, des liens fragiles, mais aussi des cadres de soins souples, inventifs et qui s’affranchissent des contraintes des formats traditionnels. Par ce geste, ce numéro nous rappelle que penser la clinique, c’est aussi accepter de penser avec et depuis les marges. Il s’adresse d’abord aux clinicien·nes, c’est-à-dire à celles et ceux qui, au quotidien, rencontrent la complexité et les impasses de l’intervention. Il interpelle tout autant les chercheur·ses qui souhaitent réfléchir à la manière dont les réalités sociales traversent les subjectivités, les soins, les institutions et nos pratiques scientifiques en elles-mêmes. Il invite à faire une place aux savoirs situés et engagés. À travers des approches diversifiées, ce premier volume ouvre un espace de réflexion sur des modalités de lien, sur les effets de la précarité dans la construction psychique, sur les adaptations cliniques et les inventions nécessaires. Il témoigne d’une pluralité de regards et de pratiques, toutes traversées par une volonté commune : celle de ne pas détourner les yeux de la souffrance sociale, mais d’y répondre avec éthique, créativité et solidarité. En tant que directrice et éditrice en cheffe de la Revue québécoise de psychologie, je suis heureuse de faire une place à ce numéro qui emprunte un format différent, tout en remplissant avec force notre mission : celle de soutenir une réflexion vivante, ouverte sur le monde, soucieuse de justice et de transformation.
Un mot de la directrice et éditrice en cheffe[Record]
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Julie Maheux
Directrice et éditrice en cheffe, Revue québécoise de psychologie
