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Hommages

Éloge à l’allumeur Daniel Turp[Record]

  • Eric Théroux

Président de la Commission de la fonction publique du Québec.

J’ai eu le privilège d’avoir Daniel Turp, d’abord comme professeur, puis comme mentor et ami. Son influence sur mon parcours professionnel a été déterminante. Voilà pourquoi je veux ici souligner l’apport de Daniel au développement du droit international au Québec au sein de l’appareil d’État, laissant à mes collègues oeuvrant aujourd’hui au sein du monde universitaire, auprès d’autres gouvernements ou organisations internationales ou de la pratique privée en cabinet le loisir de faire de même. J’entre en faculté en 1983 et Daniel y est professeur débutant à peine sa carrière. Il donne le cours de droit international public en référant assez souvent à Nguyen Quoc Dinh et de façon certes un brin magistral à la française. Possiblement une trace de ses études doctorales à Paris. Par son enthousiasme, il sait remarquer les étudiants qui ne demandent qu’à s’impliquer davantage, alors que la Société québécoise de droit international (SQDI) vient d’être créée en 1982 sous la présidence du professeur Jacques-Yvan Morin. Nous serons d’ailleurs plusieurs étudiants recrutés pour appuyer, en 1983, la tenue à l’Université de Montréal de l’épreuve nationale du concours de plaidoirie Jessup. De voir nos collègues séniors de la faculté fut de nature à inoculer chez plusieurs le désir de dépassement et d’engagement total que requiert la participation à un tel exercice. Ce concours Jessup de procès simulé en droit international, dont la finale internationale se tient à chaque année à Washington, est chapeautée par le Conseil canadien de droit international et se déroule essentiellement en anglais. Pour Daniel, ce fut la référence pour promouvoir le concours Rousseau… mais j’anticipe. En deuxième année de faculté, Daniel m’enseigne à nouveau, cette fois les relations économiques internationales. C’est lui qui me propose de faire mon travail long sur un éventuel accord de libre-échange Canada-États-Unis. Déjà, la technique d’enseignement de Daniel avait migré pour traverser la Manche et son approche était plus anglo-saxonne, suscitant discussions et échanges dynamiques. Il prenait ici sans doute assise sur ses études de maitrise à Cambridge. Et le thème de recherche suggéré sera la preuve de sa clairvoyance, car le Québec sera central dans le nécessaire appui populaire à cet Accord historique de 1988. Elle sera aussi déterminante pour ma carrière quelques années plus tard. L’enseignement de Daniel se caractérise par ailleurs par une préoccupation centrale, à savoir incarner la matière présentée en lien avec l’actualité. En faisant ce lien régulièrement, son enseignement permettait aux étudiants de saisir la portée et l’importance du droit international dans la vie publique et dans nos démocraties sur le comportement des gouvernements. En parallèle avec ses tâches d’enseignement, Daniel codirige les Documents juridiques internationaux (DJI) (avec son collègue Francis Rigaldies, une publication périodique lancée en 1982). Comme d’autres étudiants, je fais partie de l’équipe de recherchistes. Avec son enthousiasme usuel, Daniel nous montrait comment identifier les documents significatifs de la pratique internationale, alors que Francis nous montrait l’art de rédiger avec concision. Les DJI, comme nous les appelions, avaient pour objet de mettre à la disposition de la communauté des internationalistes francophones une documentation juridique d’intérêt international. Constituant le pendant francophone des International Legal Materials (ILM), les DJI ont été publiés à une ère pré-Internet de 1982 à 1992. Preuve de l’ouverture et de l’approche inclusive de ses directeurs, certains étudiants devinrent assistants à la rédaction et, pour ma part, plus tard directeur adjoint, puis directeur en 1988, à l’instar des professeurs Turp et Rigaldies. Les étudiants et étudiantes qui se succèdent dans de telles opportunités y trouvent une façon marquante de devenir ambassadeur du droit international, peu importe les fonctions professionnelles qu’ils ou qu’elles …

Appendices