Abstracts
Mots-clés :
- analyse transformationnelle,
- musique contemporaine,
- musique populaire,
- théories néo‑riemanniennes,
- Tonnetz
Keywords:
- contemporary music,
- neo-Riemannian theories,
- popular music,
- Tonnetz,
- transformational analysis
L’analyse musicale transformationnelle est un domaine en pleine effervescence au sein de la musicologie contemporaine et, en particulier, de sa branche systématique, pour faire référence à la célèbre classification introduite il y a plus de 150 ans par le musicologue autrichien Guido Adler (1885). Dans ce corpus désormais assez riche et diversifié, l’ouvrage collectif dirigé par Bozhidar Chapkanov représente une remarquable nouveauté à plus d’un titre. Il s’agit du tout premier ouvrage collectif entièrement consacré à l’analyse transformationnelle du point de vue du « working musicologist », pour reprendre cette expression singulière employée jadis par le mathématicien Saunders Mac Lane à propos de son propre ouvrage autour de la théorie des catégories et qui était présenté à l’attention du « working mathematician » (Mac Lane 1971). Si le Oxford Handbook of Neo-Riemannian Music Theories (Gollin et Rehding 2011) représente une référence incontournable pour les théoriciens de la musique, l’ouvrage Transformational Analysis in Practice n’est sans doute pas moins significatif dans le domaine de l’analyse musicale. À la dimension pratique de l’ouvrage, qui est bien mise en valeur dans le titre du recueil, s’ajoute un aspect qui est souvent négligé dans d’autres ouvrages consacrés à des approches similaires. En effet, comme le sous-titre l’indique clairement, le recueil se compose « d’études d’analyse musicale sur des compositeurs et musiciens du monde entier ». Il y a donc une évidente volonté, dans cet ouvrage, de dépasser les frontières géographiques entre les divers répertoires analysés. Or, un simple coup d’oeil à la table des matières montre que ce dépassement des frontières n’est pas seulement géographique ; il concerne aussi les catégories traditionnellement utilisées comme « musique savante » et « musique populaire » (au sens à la fois de musiques traditionnelle et folklorique, mais aussi de popular music, terme incluant des genres différents comme le rock, la pop, le jazz et la chanson). L’objectif principal de l’ouvrage est ainsi de montrer la pertinence des outils de l’analyse musicale transformationnelle vis-à-vis de pratiques musicales issues d’une variété de traditions. À la lecture de la notice biographique du directeur de l’ouvrage, en quatrième de couverture, on comprend la philosophie qui a motivé cet ambitieux projet éditorial : il s’agit de montrer au lecteur que « l’analyse transformationnelle peut ouvrir nos yeux et nos oreilles à de nombreux détails harmoniques dans la musique du dix-neuvième et vingtième siècle, aspects que d’autres modes d’analyse n’arrivent pas à éclairer ». C’est une affirmation forte qui nous semble tout à fait pertinente à la lumière des avancées théoriques et des percées analytiques que l’approche transformationnelle a rendu possibles tout au long de sa (relativement) courte histoire, du moins si l’on considère que les « Foundational Studies » dans le domaine remontent aux années 1980. Moins d’un demi-siècle sépare donc les premières tentatives de fonder l’approche transformationnelle sur des bases théoriques solides, en particulier grâce à des modèles mathématiques et computationnels, et les écrits rassemblés dans cet ouvrage collectif. Pourtant, comme la riche bibliographie sur la théorie transformationnelle qui conclut l’ouvrage le montre clairement, les racines de cette démarche analytique remontent à la deuxième moitié du XIXe siècle, époque à laquelle ont vu le jour les traités de théoriciens de la musique tels François-Joseph Fétis, Gottfried Weber, Carl Friedrich Weitzmann et Hugo Riemann. Le fait de privilégier le terme « transformationnel » à celui de « néo-riemannien » est, dans tous les cas, pleinement justifié pour un ouvrage qui ne se contente pas de prolonger les idées de Riemann, mais présente une panoplie d’outils théoriques et d’applications analytiques tout à fait originaux. L’ouvrage se compose de treize chapitres divisés …
Appendices
Bibliographie
- Adler, Guido (1885), « Umfang, Methode und Ziel der Musikwissenschaft », Vierteljahresschrift für Musikwissenschaft, vol. 1, p. 5-20.
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