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Présentation

Enjeux, résistances et solidarités féministes en contextes migratoires[Record]

  • Lorena Suelves Ezquerro and
  • Isabelle Auclair

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La photographie en couverture de ce numéro sur les enjeux, les résistances et les solidarités féministes en contextes de déplacements et de migrations, a été prise dans le quartier Saint-Sauveur, à Québec, à l’intersection des rues Renaud et Saint-Vallier Ouest. Cette murale, intitulée « Présent·e », a été réalisée par l’artiste Patrick Forchild. Elle est le fruit d’une collaboration sur le thème de la diversité entre l’artiste, Action Culture Saint-Sauveur et des jeunes du Centre Durocher. Nous avons été particulièrement touchées par le regard affirmé et l’attitude assumée de la jeune fille représentée. Elle semble nous dire, avec force et détermination, qu’elle est là pour prendre sa place et pour y rester. Cette oeuvre agit pour nous comme un appel à la résistance dans le contexte international actuel marqué par une montée préoccupante des droites (Rogalski 2022; Roche 2018) et des rhétoriques et actions antiféministes et anti-migrations (Storti 2025). Ce phénomène se nourrit de discours polarisants et populistes, souvent dans des contextes d’instabilité politique, économique et sociale où les crispations identitaires et les rhétoriques réactionnaires gagnent en légitimité. Cette dynamique entraîne un recul des droits, un resserrement des frontières, une persécution accrue des personnes à l’intersection de divers systèmes d’oppression, et un discours politique xénophobe qui tend à leur attribuer la responsabilité des maux sociaux et des défaillances dans la gestion des ressources. Cela se manifeste notamment par la réduction des cibles de migration au Québec, au Canada et ailleurs (Gouvernement du Canada 2025), par les arrestations et les disparitions forcées des personnes qui sont soupçonnées d’être migrantes aux États-Unis (Cabello 2025), par la dépossession territoriale, les génocides, ethnocides et écocides envers les Peuples autochtones sur l’Île de la Tortue et en Abya Yala (Bellier 2021; Medina 2019) ou encore par les génocides en cours en Palestine et au Soudan (Baldoumas et autres 2025). Dans ce contexte qui interpelle nos privilèges, il nous apparaissait important de réfléchir aux façons dont les féminismes nous permettent d’analyser les rapports de pouvoir inhérents aux systèmes d’oppression et les inégalités qui en découlent dans les parcours migratoires. Ce numéro s’inscrit donc dans une conjoncture où il est impératif de poser un regard critique sur les mobilités et les migrations nationales et transnationales, en mettant en lumière les résistances, les solidarités et les reconfigurations sociales qu’elles suscitent. La préoccupation pour les enjeux migratoires n’est pas nouvelle pour la revue Recherches féministes. Il y a plus de 20 ans, la revue publiait « Migrations : femmes, mouvement et “ refondation ” du féminisme » (Maillé 2002), un numéro qui contribuait à faire un point d’inflexion face à un féminisme majoritairement blanc et souhaitant s’ouvrir à d’autres réalités. Déjà en 1995, lors de la Marche Du pain et des roses, une des préoccupations des féministes québécoises concernait les conditions inégalitaires de parrainage conjugal subies par les femmes immigrantes (Asselin 1998). Cette marche s’est soldée par plusieurs gains substantiels, dont celui de la réduction de la période de parrainage conjugal, de dix à trois ans. Cette marche a également été la bougie d’allumage de la Marche mondiale des femmes et a permis de montrer la force des solidarités et des actions féministes face à des préoccupations moins connues du point de vue majoritaire, notamment celles liées aux migrations. Au cours des deux dernières décennies, les réflexions féministes sur les migrations se sont multipliées en rappelant qu’il ne suffit pas de s’intéresser aux femmes comme sujets politiques, mais qu’il convient de dévoiler l’intersection des systèmes d’oppressions (le sexisme, le racisme, le capacitisme, l’homophobie, le cissexisme, le classisme, le statut migratoire, etc.) qui modulent les parcours migratoires (Arab et …

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