Abstracts
Résumé
Parmi les intertextes qui imprègnent les écrits de Rabelais, le théâtre de la farce a une fonction dont l'importance n'a toujours pas été suffisamment approfondie. Les histoires de Gargantua et de Pantagruel sont littéralement farcies de référence au genre, et beaucoup d’épisodes dans les Chroniques sont structurés comme des farces. Rabelais apprécie énormément la farce et la connaissance intime qu'il en a imprègne la composition de son oeuvre d'une façon importante. Le premier épisode farcesque dans l’oeuvre rabelaisienne, la rencontre de l’écolier limousin (Pantagruel, chapitre 6), sert à illustrer cet assemblage de la farce théâtrale et de la satire humaniste que l'on retrouve à travers les écrits de Rabelais. En comparant cet épisode à la farce de Maitre Mimin étudiant, nous explicitons le rapport entre les épisodes farcesques des Chroniques et la farce dramatique, soulignant non seulement comment Rabelais s'approprie la farce, mais de façon plus importante, comment il transforme et radicalise le genre en l'introduisant dans un nouveau contexte humaniste. Là où la farce châtie les écarts sociaux du protagoniste, sa démesure, au nom d'une norme conservatrice, les Chroniques censurent la démesure des institutions du statu quo telle que la Sorbonne, au nom d'un idéal humain et social. Il en résulte une forme nouvelle de farce, aussi bien qu'une nouvelle forme de satire humaniste.
