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Lu pour vous

Jane Monckton-Smith (2022). In Control: Dangerous Relationships and How They End in Murder. Bloomsbury Publisher[Record]

  • Valérie Marceau

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  • Valérie Marceau
    Doctorante en travail social, Université d’Ottawa

Jane Monckton-Smith, professeure au département de la protection publique de l’Université du Gloucestershire, a développé une chronologie des évènements menant à l’homicide conjugal qu’elle présente dans le livre In Control: Dangerous Relationships and How They End in Murder. Ancienne policière, Monckton-Smith s’est basée sur ses nombreuses années d’expérience dans le domaine. Sachant que plusieurs chronologies des évènements existent pour l’homicide en général, mais que celles-ci ne s’appliquent pas à l’homicide conjugal puisque les dynamiques sont différentes, elle a voulu développer un outil d’analyse des situations en souhaitant identifier les interventions appropriées à chaque étape de la chronologie. Selon elle, l’homicide conjugal est la forme la plus prévisible d’homicide. La pierre angulaire de sa chronologie des évènements repose sur la notion de contrôle coercitif développé par Evan Stark (2007). En effet, Monckton-Smith reconnaît, comme plusieurs autres auteurs d’ailleurs, que les homicides conjugaux sont principalement précédés de contrôle coercitif de la part de l’agresseur. Contrairement à la croyance populaire voulant qu’il y ait une escalade prévisible allant de la violence plus subtile à la violence physique et à l’homicide, le modèle de Monckton-Smith reconnaît que la violence physique n’était pas nécessairement présente avant l’homicide, mais que le contrôle coercitif était omniprésent. Selon elle, l’intensité et la sévérité du contrôle coercitif constituent le facteur de risque le plus important. Tout au long de son ouvrage, Monckton-Smith rapporte des exemples concrets issus de sa pratique afin d’illustrer ses propos. Nous présenterons maintenant les huit étapes menant à l’homicide conjugal, selon l’auteure. Tout d’abord, un historique de violence est un prédicteur de violence conjugale dans le futur. Le contrôle coercitif situe le problème à l’agresseur et prédit donc que cette violence continuera dans toutes les relations intimes que l’agresseur entretient. Ainsi, si une personne présente un historique de comportements contrôlants, de possessivité et de jalousie, ceci devrait être considéré comme prédicteur d’abus futur. À cet égard, les antécédents criminels peuvent être un indicateur, mais la majorité des gestes contrôlants ne sont pas actuellement répréhensibles par la loi, ce qui signifie que plusieurs agresseurs n’auront jamais été accusés d’avoir commis un acte criminel. Ainsi, les partenaires antérieures s’avèrent être de meilleures sources d’informations pour documenter l’historique de violence. Par ailleurs, l’agresseur utilise différentes techniques pour occulter la violence exercée dans ses relations antérieures. Tout historique de violence dans le passé de l’agresseur est réfuté et celui-ci remet la responsabilité sur l’ancienne conjointe en prétextant diverses raisons. La réalité est décrite avec distorsions en manipulant le narratif pour le mettre à son avantage et en se décrivant comme la victime de l’histoire. Il « oublie » certains détails cruciaux à la compréhension de l’histoire. En résumé, la première étape est celle de l’historique de l’agresseur : est-ce que la personne a une histoire de comportements contrôlants, de jalousie ou de traquage (stalking) ? A-t-elle besoin de toujours gagner ? Est-elle possessive ? Ce sont tous des traits qui devraient être pris au sérieux. La deuxième étape débute lorsque l’agresseur trouve une personne avec qui il désire avoir une relation intime. L’agresseur peut se montrer persistant et tenter de faire bouger la relation très rapidement, ceci dans le but de cristalliser l’engagement. Par exemple, le couple peut déménager ensemble ou concevoir un enfant tôt dans la relation. Deux mots décrivent cette étape : la vitesse et l’engagement. Le but à cette étape est d’obtenir un engagement qui donnera à l’agresseur des droits et à la victime des responsabilités, engagement qui ne pourra pas être retiré, selon l’agresseur. La jalousie excessive est décrite comme une forme d’amour et de protection. À ce stade, la victime décrit …

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