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Comptes-rendus

Compte rendu du lancement du livre La connaissance au coeur du social. Catégories élémentaires et activités éducatives[Record]

  • Louis Rivet-Préfontaine,
  • Claire Alvarez and
  • Jean-Pierre Mercier

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L’ouvrage collectif La connaissance au coeur du social. Catégories élémentaires et activités éducatives, dirigé par Nicole Ramognino et Ariane Richard-Bossez, propose des réflexions approfondies quant à la nature du raisonnement sociologique et à la construction d’un objet d’étude spécifique à la discipline de la sociologie – une ontologie sociologique. La proposition centrale du livre est de reconnaître à la vie humaine une dimension symbolique fondamentale constitutive de toute activité sociale et de connaissance. À partir de cette prémisse, l’ouvrage poursuit deux objectifs. Après une introduction présentant une problématique générale de la fonction symbolique humaine au fondement du social, il propose, à travers ses premiers chapitres, des réflexions spécifiques sur chacune des « catégories élémentaires » de toute activité sociale, soit celles du symbolique, de la temporalité et de la spatialité. Dans une deuxième partie, les contributions explorent le potentiel opératoire d’une sociologie générale, dans le champ d’activité spécifique de l’activité éducative. L’intérêt manifeste que l’ouvrage présente à l’égard des ambitions intellectuelles du projet Explorations sociologiques a mené des membres du collectif à organiser, en avril 2022, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), une activité pour souligner la parution de l’ouvrage et pour permettre aux personnes y ayant contribué d’échanger avec le public présent. L’événement ne se proposait pas de résumer la perspective du livre, projet qui s’avère toujours ardu dans le cas d’ouvrages collectifs où chaque chapitre, écrit par une personne différente, porte sur des objets différents. Plutôt, il s’est inspiré des réflexions qu’a pu susciter chez nous, organisateurs et organisatrice, la lecture du livre. Pour orienter la discussion, trois questions ont été posées à Nicole Ramognino et à Ariane Richard-Bossez, les deux directrices/contributrices de l’ouvrage, qui étaient invitées à titre de panélistes principales. Les trois prochaines sections du présent article exposent un résumé des réponses fournies par les deux autrices et comportent dans une certaine mesure les questionnements et apports des personnes qui ont participé à la discussion lors de l’activité, parmi lesquelles figuraient d’autres contributeurs du livre. La connaissance comme objet sociologique est presque aussi vieille que la fondation de la discipline elle-même, et elle a été revisitée de plusieurs façons depuis. On la retrouve à travers les termes de représentations sociales, mais aussi plus tard à travers les termes de mémoire collective, d’idéologie et de forme sociale de connaissance, de cosmologie, etc. À cet historique s’ajoute le fait qu’on semble observer, en sociologie, un foisonnement continu de nouveaux concepts et une tendance simultanée à l’éclatement thématique des recherches et des théorisations (la constitution de « régions de savoir », dans les mots de Basil Bernstein). Étant donné l’état actuel du champ disciplinaire, comment expliquer et justifier la proposition d’un nouveau terme, soit celui d’ontologie sociale? Pour Nicole Ramognino, la réponse à cette question se trouve d’abord dans l’historique de sa formation intellectuelle, des années 70 aux années 90, au sein de ce qu’elle appelle « l’École historique de l’Université de Provence », ou encore « l’École aixoise des sciences sociales ». S’y est développée, dans un collectif multidisciplinaire, une préoccupation pour la question des cumulativités internes (au sein de la sociologie) et externes (entre la sociologie et d’autres disciplines des sciences humaines et sociales) des connaissances. Bien que ces réflexions se soient prolongées dans les décennies suivantes, le constat posé est que la recherche aura certes permis la production d’une quantité importante de connaissances en sociologie, mais que leur cumul s’avère difficile étant donné les divergences d’approches. Les tendances à l’organisation institutionnelle de la recherche autour de champs thématiques (« régions de savoir ») posent en fait le risque de faire perdre de vue l’horizon …

Appendices