Abstracts
Résumé
En réfléchissant à notre expérience dans le domaine de l’art handicapé et de l’art fou en tant qu’artistes, activistes, pédagogues ou gestionnaires, nous analysons les facteurs institutionnels qui perpétuent des idéologies racistes et capacitistes dans ces pratiques artistiques. Nous avançons que, tandis que les histoires de l’art PANDC et de l’art handicapé engagé continuent d’être effacées, l’esthétique du handicap peine à évoluer. Elle demeure figée dans la reproduction du sujet blanc handicapé et se limite aux revendications fondamentales liées à l’accès et à la représentation. Cet accent constant sur la représentation, sans analyse historique ni politique, ne fait que renforcer l’esthétique de l’absence, où les corps et les figures handicapées sont vues comme des toiles blanches sur lesquelles le public présumé bien portant peut projeter ses peurs et ses désirs. En mettant en lumière les créations novatrices d’artistes en émergence, nous imaginons les changements organisationnels nécessaires et prônons un travail relationnel patient, le mentorat, et une refonte de la formation artistique, au-delà des contextes thérapeutiques et élitistes.
