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De l’étude de cas à l’analyse de l’activitéUne lecture de didactique professionnelle du texte de Jacques Leplat, publié en 2002, dans PISTES, 4-2 [Record]

  • Paul Olry

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  • Paul Olry
    Professeur émérite, Sciences de l’éducation et de la Formation, Institut Agro Dijon ; paul.olry@agrosupdijon.fr

La lecture de ce texte de 2002 n’intervient ni dans une proximité forte avec Jacques Leplat ni dans une distance désincarnée. J’ai souvent croisé Jacques Leplat au Cnam, en séminaires et colloques, tout en lisant ses multiples travaux, comme un compagnon de route, si j’ose dire. Praticien de la formation professionnelle, puis universitaire intéressé aux rapports entre travail et formation professionnelle, les travaux de nombre d’ergonomes tels que Catherine Teiger, Maurice de Montmollin, Jacques Leplat ne pouvaient me rester longtemps étrangers. Cette lecture prend donc place dans un dialogue intéressé avec l’œuvre et avec l’ergonomie, depuis la didactique professionnelle, deux focales scientifiques différant dans leur épistémologie, mais complémentaires dans leurs perspectives pratiques. Nous en voulons pour preuve l’intérêt tant des chercheurs que des praticiens de l’ergonomie pour la formation comme moyen viable d’accompagnement pour espérer voir appliquées leurs préconisations (Teiger et Lacomblez, 2013; Delgoulet, Boccara et Santos, 2019). En effet, l’ergonomie comme la formation professionnelle sont deux champs de pratiques, actualisés par des recherches. C’est pourquoi le chercheur Jacques Leplat recevait toujours avec intérêt les textes de recherche en didactique professionnelle, domaine qui lui était devenu familier et dont son passé au CERP de l’AFPA le rendait proche. Ainsi, ses textes demeurent-ils la première ressource sur l’analyse du travail que j’ai consultée, chaque fois qu’il s’est agi d’aborder une nouvelle question ou un nouveau terrain. Autrement dit, emprunts ou dette intellectuelle, mes travaux doivent beaucoup à l’ergonomie et à Jacques Leplat. Ce sont donc deux faces d’un même commentaire qui seront ici évoquées au regard du texte lui-même d’abord, puis de la lecture d’un étranger en terres de psychologie et d’ergonomie du travail. Le titre de ce texte l’inscrit dans une démarche visant à distinguer, pour mieux les comprendre, l’étude de cas et l’analyse de l’activité, dans une perspective de recherche. Le projet d’écriture suggère de partir de l’une pour aller vers l’autre. Comme il est dit, il s’agit d’une réflexion méthodologique à visée pédagogique (p. 1). Cette pédagogie s’applique ici aux pratiques de recherche, il est important de le souligner. Jacques Leplat dresse d’abord un rapide état de la question : un cas est un évènement situé, dont l’activité est une occurrence. À ce titre, il résulte d’un double contexte, externe (conditions techniques, organisationnelles, physiques) et interne (caractéristiques du sujet). L’activité tresse une histoire entre un sujet et le déroulement temporel d’une action, le premier faisant ainsi l’expérience de la seconde. Citant Clot (1999), il souligne l’épaisseur temporelle de ce « situé », inscrivant ainsi l’activité dans l’historicité du travail qu’elle contribue à transformer et qui l’affecte. Cette histoire ouvre à la possibilité du cas, par-delà une occurrence de circonstances : devenu une histoire, le cas éclaire son développement, la genèse de sa production (p. 2). Jacques Leplat enrichit cette représentation par trois mises en contraste. La première questionne la proximité à la méthode clinique. Celle-ci, « étude intensive de cas individuels » (selon Wildlocher cité) nourrirait un cas par sa profondeur d’investigation, d’une part, et, d’autre part, par l’accumulation de ses contributions singulières, dans une relation dialectique. Ce cumul rétablit un continuum entre des cas cliniques (profondeur) et leurs recouvrements (proximités). La deuxième porte sur le décloisonnement disciplinaire, tant la compréhension profonde d’un cas suppose d’articuler différents champs de connaissances. Cette articulation appelle des modèles et méthodes, notamment la triangulation des données. Cette cartographie de l’espace d’un cas est donc permise par la mobilisation de diverses méthodes de recherche. La troisième se place aux confins de l’étude de cas, pour en souligner les reliefs, et suggère deux pistes. L’une relève du point d’attention : il convient de comprendre …

Appendices