Abstracts
Abstract
This paper reflects on the impact of the COVID‑19 pandemic on immigration detention in Canada. Drawing on research spanning 2020 to 2022, we analyze how the pandemic impacted rates of detention, conditions of detention, and other related issues. Data released by the Canada Border Services Agency shows that despite an initial decrease in absolute numbers, Canada detained people at a higher rate after the onset of the pandemic than it did prior. Canada also held people for longer periods of time and relied more heavily on jails than dedicated Immigration Holding Centres. Conditions of confinement deteriorated significantly across all detention facilities, but most acutely in jails. The abrupt shift towards conducting detention review hearings exclusively by remote means, and initially only by telephone—without ensuring meaningful contact between detainees and their counsel—further impeded detainees’ ability to understand and participate in their own hearings. These factors, combined with increased isolation within jails and detention facilities, increased use of segregation, diminished availability of alternatives to detention, the continued detention of children and separation of families, and the persistence of structural racism and disregard for detainee mental health paint a very grim picture. This research drives us towards the conclusion that the COVID‑19 pandemic has had a devastating impact on immigration detention in Canada. Rather than drive the immigration detention regime towards greater rates of release, as early researchers hoped, the pandemic ushered in an increased reliance on detention under worse conditions, as well as greater alienation, degradation, and dehumanization of detainees. We conclude our analysis by identifying key criteria that must be prioritized to avoid further entrenching the worst of the COVID‑19 era practices and call for the gradual abolition of immigration detention in Canada.
Résumé
Cet article réfléchit à l’impact de la pandémie de COVID‑19 sur la détention des immigrants et immigrantes [ci-après « immigrants »] au Canada. En nous appuyant sur des recherches menées entre 2020 et 2022, nous analysons l’impact de la pandémie sur les taux de détention, les conditions de détention et d’autres questions connexes. Les données publiées par l’Agence des services frontaliers du Canada montrent qu’en dépit d’une diminution initiale en chiffres absolus, le Canada a détenu des personnes à un taux plus élevé après le début de la pandémie qu’il ne l’avait fait auparavant. Le Canada a également détenu des personnes pendant des périodes plus longues et s’est appuyé davantage sur les prisons que sur les centres de rétention de l’immigration. Les conditions de détention se sont considérablement détériorées dans tous les centres de détention, mais surtout dans les prisons. Le passage brutal aux audiences de contrôle de la détention exclusivement à distance, et dans un premier temps uniquement par téléphone — sans assurer un contact significatif entre les détenus et détenues [ci-après « détenus »] et leurs avocats et avocates — a encore entravé la capacité des détenus à comprendre et à participer à leurs propres audiences. Ces facteurs, combinés à l’augmentation de l’isolement dans les prisons et les centres de détention, au recours accru à la ségrégation, à la diminution des alternatives à la détention, à la poursuite de la détention des enfants et de la séparation des familles, à la persistance d’un racisme structurel et au mépris de la santé mentale des détenus, donnent une image très sombre de la situation. Cette recherche nous amène à conclure que la pandémie de COVID‑19 a eu un impact dévastateur sur la détention des immigrants au Canada. Plutôt que de faire évoluer le régime de détention des immigrants vers des taux de libération plus élevés, comme l’espéraient les premières équipes de recherche, la pandémie a entraîné un recours accru à la détention dans des conditions plus difficiles, ainsi qu’une aliénation, une dégradation et une déshumanisation accrues des détenus. Nous concluons notre analyse en identifiant les critères clés qui doivent être privilégiés pour éviter d’ancrer davantage les pires pratiques de l’ère COVID‑19 et appelons à l’abolition graduelle de la détention d’immigrants au Canada.
