Abstracts
Résumé
L’article tente de cerner ce qui, à l’époque de la Querelle du régionalisme au Québec, permet de taxer les « autres » d’exotiques, ce qui fait de ces derniers les défenseurs d’un certain modernisme; ceci en accédant, dans une oeuvre particulière – le recueil de proses Psyché au cinéma (1916) de Marcel Dugas – à ce qui relève d’une influence formelle « exotique ». L’article s’attarde à vérifier comment le cinéma des débuts contribue au renouvellement des formes poétiques prisées par le poète, à voir de quelles façons le cinématographe est importé par Dugas dans sa prose pour en faire, en créant un horizon d’attente, l’objet métaphorique des démêlés qu’elle entretient avec une vérité universelle et une violation-transformation de la vérité. Il s’agit de démontrer de quelles manières la forme cinématographique qui sous-tend Psyché au cinéma s’avère être un principe d’unité qui ordonne la combinaison des altérités mise en oeuvre par Dugas, en en faisant un cinéma de la psyché, et de voir comment le parcours dessiné par le recueil se déroule à rebours d’une construction identitaire en se renversant pour affirmer une sorte de volonté d’approfondissement de soi. Ainsi, Psyché au cinéma pourrait se comprendre comme étant un aveu d’impénétrabilité en réponse à l’apostrophe d’un exotisme essentiel.

