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Introduction

L’éducation à la sexualité (EAS) : état des lieux de la recherche en éducation d’un champ sous tension[Record]

  • Vicky Anne Fournier-Gallant and
  • Christophe Point

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  • Vicky Anne Fournier-Gallant
    Université de Sherbrooke

  • Christophe Point
    Université catholique de Louvain

Après plus d’un an de travail, ce dossier propose d’examiner cette question en adoptant de prime abord la perspective la plus large possible sur cet objet particulier qu’est la sexualité. La raison en est que «[l]es manières qu’adoptent un peuple pour éduquer les jeunes à la sexualité sont intimement liées aux représentations sociales, aux valeurs, aux normes, aux avancées technologiques, aux savoirs dominants, à son histoire et à sa condition sociopolitique et culturelle générale» (Guertin-Fleurent, 2021, p. 8). Aussi, on le constatera à la lecture des articles de ce dossier, il n’est pas surprenant que les approches relatives à l’éducation à la sexualité se distinguent d’un pays à l’autre et à travers les disciplines (Charmillot et Jacot-Descombes, 2018). Multidimensionnel, l’objet éducatif qu’est la sexualité concerne le développement de «l’être humain dans sa globalité» puisqu’influencé par un ensemble de facteurs (ex.: biologiques, psychologiques, culturels, religieux) (Abdelli, 2017; Bernier et al., 2014; Berger et al., 2011). Comprise ainsi, la sexualité comme objet éducatif contribue à la fois à un éveil de la personnalité et à une ouverture sur le monde, mais est également un langage permettant aux individus d’exprimer leurs sentiments les plus intimes (Tremblay et al., 2020). Depuis quelques années, des organismes internationaux comme l’UNESCO, l’OCDE, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ou encore l’Union européenne par exemple, ont posé des balises pour l’EAS. Celle-ci est définie comme un processus d’enseignement et d’apprentissage portant sur les aspects cognitifs, émotionnels, physiques et sociaux de la sexualité humaine, c’est-à-dire l’ensemble des activités, comportements et phénomènes relatifs au corps, à la puberté, aux relations amoureuses, à la vie sexuelle ou encore à la vie familiale (Tremblay et al., 2020). L’EAS chercherait à favoriser «l’autonomisation des apprenants en améliorant leurs compétences en matière d’analyse, de communication et de préparation à la vie courante…» (UNESCO, 2018, p. 16). Qualifiée d’incontournable par l’UNESCO (2015), l’EAS est alors présentée, entre autres, dans ces organismes internationaux et nationaux comme une réponse à des enjeux de santé publique, de prévention et d’égalité (UNESCO, 2019; European Parliament, 2022; OMS, 2023). Basée sur les principes des droits de la personne universels, elle inclut prioritairement la promotion des droits des enfants et des jeunes, mais également les droits de tous les individus dans de nombreux domaines (la santé, l’éducation, l’accès équitable à l’information et à la non-discrimination) (UNESCO, 2018). C’est pourquoi, selon l’UNESCO, et ce point reviendra souvent dans ce dossier, l’EAS doit être sous la responsabilité de personnes enseignantes bien formées et soutenues dans un cadre scolaire (UNESCO, 2018). Parallèlement, l’EAS en milieu scolaire s’est développée dans de nombreux pays au courant des dernières années, profitant du soutien des politiques émergentes à son endroit pour prendre place à l’intérieur même des curriculums scolaires nationaux (OCDE, 2020). Le Brésil (Quaresma da Silva et al., 2013), la Suisse (Cavin, 2016; Kessler et al. 2017), l’Australie (Goldman et Coleman, 2013), le Liban (Yammine, 2020), le Congo (Mpunga Mukendi, 2021) et le Canada (CIESCAN, 2020) en sont quelques exemples. Toutefois, l’implémentation de l’EAS n’est pas une mince affaire. En effet, sa mise en place de l’EAS n’est pas dépourvue de défis, même si cette éducation est importante pour la communauté internationale, que ce soit à l’égard de son insertion dans les contextes scolaires variés (UNESCO, 2018), du malaise entourant certains éléments de contenu (OMS, 2019) ou relativement à la formation des personnes devant assumer cette tâche (OMS, 2019). Au Canada, par exemple, ce sont les Lignes directrices canadiennes pour l’éducation en matière de santé sexuelle (CIESCAN, 2020) qui encadrent et outillent celles et ceux qui ont le mandat de l’enseigner. Et, au Québec, l’EAS est …

Appendices