Abstracts
Résumé
Sous l’effet des progrès des sciences de la vie, des grandes explorations, du desserrement de la conception chrétienne et des théories vitalistes, matérialistes et sensationnistes en plein essor, le xviiie siècle déploie comme jamais la diversité des formes de vie. À cette diversité correspond une diversité des modes de perception dont des philosophes sensationnistes, tels Condillac, et matérialistes, tels Diderot, déduisent des possibilités phénoménologiques de mondes incommensurables et pourtant parfois communicables. Pour Diderot, l’être humain occupe dans cet ensemble une place toute particulière du fait qu’il est lui-même habité par cette diversité sensorielle et animale, sa raison ayant la charge difficile d’assurer un équilibre toujours en question, notamment dans le cas du génie. Mais derrière cette diversité demeure le problème de l’unité à laquelle elle se rattache, notamment pour la compréhension de l’organisme vivant.
Abstract
As a result of advances in the life sciences, an intensification of travel and exploration, the loosening of Christian conceptions of the world, and the burgeoning of vitalist, materialist, and sensationist theories, eighteenth-century individuals unearthed an unprecedented diversity of life forms. Sensationist philosophers such as Condillac, and materialists such as Diderot, matched this diversity in their discussions of various modes of perception, corresponding to the phenomenological possibilities of incommensurable yet sometimes communicable worlds. For Diderot, human beings occupy a very special place in this ensemble, since they themselves are replete with this sensory and animal diversity, their reason having the difficult task of ensuring a balance that is always in question, especially in the case of genius. However, behind this diversity remains the problem of the unity to which it relates, particularly for understanding the living organism.
