Some features and content are currently unavailable today due to maintenance at our service provider. Status updates

Recensions

Andrew M. Mbuvi, African Biblical Studies. Unmasking Embedded Racism and Colonialism in Biblical Studies. London, New York, Oxford, New Delhi, Sydney, T&T Clark, 2024, xv-228 p.[Record]

  • Benoît Désiré Toum

…more information

  • Benoît Désiré Toum
    Université Laval, Québec

Dans African Biblical Studies : Unmasking Embedded Racism and Colonialism in Biblical Studies, Andrew Mũtũa Mbuvi propose une réflexion ambitieuse et nécessaire visant à révéler et déconstruire les fondements racistes et coloniaux profondément enracinés dans la discipline des études bibliques traditionnelles. L’objectif principal de cet ouvrage est de rassembler et de synthétiser les contributions dispersées de l’herméneutique biblique africaine, encore marginalisée, afin de légitimer une lecture biblique proprement africaine. En confrontant l’histoire, les paradigmes et les méthodes des études bibliques occidentales, marquées par un héritage colonial et eurocentrique, Mbuvi vise à promouvoir une décolonisation critique et constructive de la discipline, donnant voix aux perspectives africaines, souvent ignorées ou minorées. Le premier chapitre introductif plante ainsi le décor en offrant une analyse critique des études bibliques occidentales, en les resituant dans leur contexte historique colonial et impérialiste. Mbuvi démontre que cette discipline, née en Europe au temps de l’expansion coloniale, n’a cessé d’être un instrument idéologique justifiant la domination politique, économique et spirituelle sur les peuples colonisés, notamment en Afrique. La prétendue universalité de cette lecture biblique s’avère être une construction eurocentrique qui marginalise systématiquement les voix non occidentales. Face à cela, l’auteur appelle à une décolonisation urgente des méthodes, des institutions et des perspectives, et souligne l’importance des études bibliques africaines postcoloniales qui visent à réhabiliter la culture et les savoirs africains comme sources légitimes d’interprétation. Le second chapitre, « Colonialism and the European Enlightenment », analyse la genèse des études bibliques modernes, étroitement liées aux Lumières et à la colonisation. La « colonial Bible » y est présentée comme un outil idéologique majeur de domination, dévalorisant les traditions africaines et imposant une vision européenne civilisatrice (p. 16). Cette perspective repose sur une dichotomie fallacieuse opposant l’Européen « éclairé » à l’Africain « païen », à l’origine d’un évangélisme empreint de mépris culturel : « The African was the quintessential anti-Christian, anti-civilization, and anti-progress that western Christianity had to reconstitute using the Bible » (p. 22). Mbuvi met cependant en lumière la résistance culturelle africaine, notamment à travers des réinterprétations qui soulignent les affinités entre traditions africaines et pratiques religieuses juives. Le troisième chapitre, intitulé « (Western) Biblical Studies and African Colonialism », examine l’influence des idéologies racistes véhiculées par certains philosophes européens sur des figures telles qu’Albert Schweitzer, mettant en lumière la persistance d’un paradigme paternaliste au sein des études bibliques occidentales (p. 32). Cette dynamique contribue à la marginalisation continue des voix africaines et à la consolidation d’une hégémonie culturelle blanche et masculine. Mbuvi met toutefois en avant l’émergence d’approches critiques contemporaines remettant en question l’objectivité supposée de ce cadre dominant. La deuxième partie, « The Bible, Colonial Encounters, and Unexpected Outcomes », analyse les interactions complexes entre la Bible et les contextes africains. Au quatrième chapitre, Mbuvi montre comment les traductions bibliques coloniales ont souvent effacé les dimensions culturelles et sensorielles africaines, comme l’illustre l’étude d’Isaïe 11,3 par R.S. Sugirtharajah, où le sens olfactif central dans certaines cultures africaines est remplacé par une lecture visuelle et intellectuelle dominante (p. 69). Cette critique souligne le caractère normatif et appauvrissant des traductions coloniales, qui ont contribué à la « dé-africanisation » des Écritures, appelant à une herméneutique décoloniale attentive aux spécificités culturelles africaines. Au chapitre 5, « The Bible and African Reality », Mbuvi défend la légitimité d’une réalité religieuse africaine autonome, apte à proposer un cadre interprétatif alternatif à celui imposé par les lectures coloniales. Il valorise les travaux de pionniers comme Mbiti et Idowu, qui ont montré l’originalité d’un monothéisme africain compatible avec la Bible. Cette herméneutique postcoloniale, notamment incarnée par Justin Ukpong, promeut des concepts …

Padlock

Access to this article is restricted to subscribing institutions and individuals; only the abstract or an excerpt is displayed.

Please view our access options for more information.

Access options