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Recensions

Catherine Larouche, Florence Pasche Guignard, dir., Corps in/visibles. Genre, religion et politique. In/visible Bodies. Gender, Religion and Politics. Québec, Les Presses de l’Université Laval (coll. « Religion et politique », 3), 2023, xi-202 p.[Record]

  • Myrianne Lemay

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  • Myrianne Lemay
    Université du Québec à Montréal

Dirigé par Florence Pasche Guignard et Catherine Larouche, Corps in/visibles : Genre, religion et politique. In/visible Bodies Gender Religion and Politics, est un ouvrage collectif bilingue de 218 pages publié aux Presses de l’Université Laval en 2023. Ce livre s’inscrit dans un dialogue interdisciplinaire crucial sur les relations complexes entre les corps féminins, la religion et la politique. Cet ouvrage explore la manière dont les corps féminins sont régulés, invisibilisés ou utilisés comme moyens d’expression et de contestation dans différents contextes socioreligieux et géopolitiques. L’ouvrage s’articule autour de l’idée de l’(in)visibilisation des corps féminins, mobilisant des études de cas variées pour interroger les tensions entre sphères séculière et religieuse. Les directrices du collectif placent ce projet dans un cadre comparatif et critique, en déconstruisant la dichotomie souvent admise entre le religieux et le séculier. Les contributions traitent de contextes multiples, des hijras en Inde aux femmes mennonites canadiennes, en passant par les débats sur le voile en Occident. Chaque chapitre examine des dynamiques propres, tout en s’inscrivant dans des problématiques transversales liées à la régulation des corps, à la visibilité religieuse et aux relations de pouvoir. Dans le premier chapitre, « Gender and Religion Playing Hide and Seek at the United Nations ? A Reflection on the Place of the Secular and the Post-secular at the Human Rights Council », Amélie Barras explore la tension entre les concepts de laïcité et de religion dans les ONG internationales. Son analyse démontre comment certaines pratiques religieuses, souvent féminines, sont invisibilisées ou marginalisées au nom de la neutralité séculière. En mobilisant deux études de cas sur les activistes religieux, elle met en lumière la manière dont les ONG perpétuent des normes séculières tout en tolérant certains marqueurs religieux. Vient ensuite le chapitre d’Audrey Rousseau, « “This is a Catholic country” ou comment la mort évitable de Savita Halappanavar est devenue l’emblème du mouvement pro-choix en République d’Irlande ». Rousseau y analyse l’impact sociopolitique du décès de Savita Halappanavar, une femme hindoue décédée en octobre 2012 lors d’une hospitalisation en raison d’une septicémie à la suite d’une fausse couche non traitée à 17 semaines de grossesse. Depuis 1983, le 8e amendement de la loi de la République d’Irlande stipule que « la vie du foetus et de la mère [sont] à égalité (sauf lorsque la vie de la mère est en danger) […] » (p. 56). Cet événement a catalysé une importante mobilisation féministe non seulement pour l’avortement, mais aussi pour l’égalité des genres, la justice sociale et les droits de la personne en République d’Irlande. Cela a conduit à l’abrogation du 8e amendement en 2018. Par une analyse discursive, Rousseau démontre, grâce à l’exemple de Savita Halappanavar, comment l’expression This is a Catholic country reflète les dynamiques d’exclusion en République d’Irlande qui se fondent sur la race, le genre et la religion, et que le pays pouvait être jusqu’alors, insécuritaire pour certaines femmes enceintes. Quant à Mathieu Boisvert, il explore, dans sa traduction de « Les hijras : une identité genrée indissociable des rituels qui la façonnent », les rituels religieux qui structurent l’identité des hijras comme communauté transgenre en Inde. En examinant les rites d’initiation (rīt), de fraternité (dūdhpilānā) et de castration (nirvān), il montre comment ces pratiques, bien qu’émancipatrices à certains égards, perpétuent des formes de marginalisation. Malgré leur marginalisation, les hijras parviennent à s’inscrire dans des dynamiques de visibilité sociale grâce à ces rituels. Par exemple, en bénissant lors de mariages ou de naissances, ils maintiennent des liens avec la société dominante tout en affirmant leur rôle unique de médiateurs …

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