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Notes critiques

À propos de La métaphysique de saint Thomas d’Aquin de John F. WippelJohn F. Wippel, La métaphysique de saint Thomas d’Aquin. De l’être fini à l’être incréé, traduit de l’anglais par Paul Roy, Paris, Cerf, 2022, 850 p.[Record]

  • Louis Brunet

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  • Louis Brunet
    Philosophie, Cégep de Sainte-Foy, Québec

En 2000, Mgr John F. Wippel publiait le plus considérable de ses ouvrages : The Metaphysical Thought of Thomas Aquinas. Il y réunissait le fruit de ses recherches de trois décennies sur la métaphysique de saint Thomas, dans l’intention de produire une « Somme métaphysique » basée sur les textes de l’Aquinate. Vingt-deux ans plus tard, on se réjouit que les Éditions du Cerf aient rendu accessible au lectorat francophone cet imposant ouvrage du dominicain américain. Sa mort, survenue en 2023, à l’âge de 90 ans, a fait regretter un « pilier de la pensée métaphysique catholique » (In memoriam, The Catholic University of America). Sur le quatrième de couverture, on vante la réputation internationale d’« un des plus éminents connaisseurs de Thomas d’Aquin ». On va jusqu’à dire que la « reconstruction aboutie » de ce rigoureux analyste « n’aurait certainement pas effrayé l’Aquinate, qui y reconnaîtrait sans doute volontiers les linéaments philosophiques qui ont servi de fondement aux développements théologiques auxquels il a consacré sa vie ». Voilà qui met en appétit. Avant d’examiner le bien-fondé de ces prétentions, il convient de dire quelques mots du travail de traduction. Dans l’ensemble, le traducteur a su rendre l’original américain dans un français compréhensible, sinon très élégant. Qu’on en juge par l’extrait suivant : « Ces rares individus qui réussiraient à arriver à la connaissance naturelle de Dieu le feraient seulement après une longue période. En effet, la profondeur de la vérité en question est telle que la raison humaine ne [sic] peut la saisir seulement après que l’intellect ait été proprement préparé par un long entraînement, et à cause des nombreuses choses qu’une telle connaissance présuppose » (p. 518). Comble de déficience syntaxique, on trouve des propositions subordonnées sans principale : « Or, répond [Thomas], puisque même une forme corporelle est intelligible une fois abstraite de la matière. Il insiste donc sur le fait qu’il n’y a pas de composition matière-forme dans l’esprit ou les intelligences […] » (p. 204). Même si le lecteur francophone comprend l’idée exprimée par certaines phrases, il s’étonnera de voir sa langue quelque peu malmenée : « [Thomas] continue que [sic] toute essence ou quiddité peut être comprise sans que rien ne soit compris de son esse (existence) » (p. 206). Qui plus est, de trop nombreuses coquilles obscurcissent le propos. Ainsi, on lit que « les vérités de loi [sic] ne pouvant être démonstrativement prouvées, certaines choses qui leurs [sic] sont opposées ne peuvent être démonstrativement montrées comme fausses » (p. 23). La reproduction, en note de bas de page, du texte latin de saint Thomas, occasionne elle aussi, à quelques occasions, une obscurité déroutante : « Accipit enim unaquaeque scientiarum unam parte mentis [il faudrait lire : unam partem entis] secundum specialem modum considerandi […] » (p. 35) ; « Ad hoc quod si [il faudrait lire : sit] universale et particulare, exigitur aliqua diversitas realis […] » (p. 214). En outre, le style et les choix lexicaux du traducteur ne rendent pas toujours justice au texte de l’auteur. Des mots de trop ou en moins, des termes à saveur trop liée à des doctrines modernes donnent l’impression d’un manque de profondeur dans l’appréhension des conceptions présentées. Par exemple : « Elles sont l’être et les choses qui suivent l’être… » (p. 48). Puisque le mot ‘chose’ implique un être singulier complet, matériel de surcroît, il désigne mal des propriétés, et spécialement les transcendantaux, ainsi que les substances séparées, elles aussi ‘chosifiées’ par un traducteur qui évoque les « choses divines » (p. 44 et 46). Le choix …

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