Abstracts
Résumé
Cet article montre que, en pratiquant tous deux une épistémologie non représentationnelle, Eckhart et Husserl sont plus proches que l’on pourrait le supposer en matière de théologie. Cette proximité se fonde sur une approche similaire de l’ontologie et de l’égologie. Bien que Dieu ne soit pas objectivable, une expérience éthique permet à l’intentionnalité de s’accomplir. Le choix programmatique de Maître Eckhart dans le sermon latin Quasi vas auri solidum s’avère alors intéressant pour relire la manière dont Husserl présente l’articulation entre raison et foi. S’il reste distancié de Maître Eckhart en distinguant la théologie philosophique de la théologie confessionnelle, il estime néanmoins que ces deux voies peuvent se rejoindre à l’infini. L’étude suggère que pour les deux auteurs, la pratique éthique légitime le discours théorique. Enfin, à travers l’approche d’Eckhart et de Husserl, nous sommes mis au défi d’entendre (à nouveau) ce que signifie le mot « Révélation ». Il s’agit ici de découvrir la possibilité d’une nouvelle « phénoménologie théologique ».
Abstract
This article shows that, by both practising a non-representational epistemology, Eckhart and Husserl are nearer than one might suppose regarding theology. This proximity is based on a similar approach to ontology and egology. Although God is not objectifiable, an ethical experience allows intentionality to be fulfilled. The programmatic choice of Master Eckhart in the Latin sermon Quasi vas auri solidum proves then to be interesting to reread the way Husserl presents the articulation between reason and faith. Although he remains distanced from Meister Eckhart by distinguishing between philosophical and confessional theology, he nevertheless believes that these two paths can be infinitely combined. The study suggests that for both authors, ethical practice legitimises theoretical discourse. Finally, through the approach of Eckhart and Husserl, we are challenged to hear (again) what the word “Revelation” means. The point here is to uncover the possibility of a new “theological phenomenology”.
