Some features and content are currently unavailable today due to maintenance at our service provider. Status updates

Comptes rendus de lecture et entrevue d'auteur.eBalados et comptes rendus de lecture

Les écosystèmes entrepreneuriaux en pratique, Cécile Fonrouge, Frédéric Laurin et Josée St-Pierre, Éditions des Presses de l’Université du Québec, 2e trimestre 2025[Record]

  • Christina Theodoraki

…more information

  • Christina Theodoraki
    Professeure des universités en sciences de gestion, Aix-Marseille Université, IAE, Laboratoire CERGAM

L’auteure du compte rendu vous présente également ce dernier sous forme de balado auquel vous pouvez accéder en cliquant ici.

Les écosystèmes entrepreneuriaux présentent une des révolutions majeures en termes d’outils du développement économique et de prise des décisions politiques en matière d’entrepreneuriat et d’innovation ces deux dernières décennies (Huggins, Kitagawa, Prokop, Theodoraki et Thompson, 2024 ; Meuric, 2025). Un écosystème entrepreneurial caractérise le contexte externe propice à l’entrepreneuriat. La notion d’écosystème entrepreneurial rend compte de la manière dont l’entrepreneuriat est de plus en plus exercé et entrepris grâce aux interdépendances inhérentes existant entre des organisations, institutions, entreprises et individus qui influencent l’activité entrepreneuriale, ainsi que des interactions, des liens et des interfaces entre ces différents éléments constitutifs. Bien que l’écosystème entrepreneurial ait été emprunté de la biologie (les écosystèmes naturels) par des praticiens pour illustrer, comme métaphore ou analogie, les différentes espèces qui évoluent en interdépendance au sein d’un territoire (Isenberg, 2011), la priorité a été portée pour la nécessité de théoriser ce phénomène en négligeant de mettre en avant les spécificités pratiques de son fonctionnement. Plus précisément, les premières motivations d’étude des écosystèmes entrepreneuriaux ont été initiées par la fondation Kauffman afin de comprendre la composition des écosystèmes et leur structure pour pouvoir les mesurer (Theodoraki, 2024). Ensuite, l’attention a été portée sur les acteurs d’accompagnement, qui agissent comme des catalyseurs dans le fonctionnement des écosystèmes entrepreneuriaux réussis (Spigel, 2017). Enfin, les évolutions technologiques invitent à la réflexion autour de la transformation numérique, qui dépasse les frontières spatiales (Theodoraki, Audretsch et Chabaud, 2023). Au-delà de ces axes d’évolution, plusieurs sous-thématiques émergent et sont développées dans les différents chapitres. Premièrement, l’écosystème a rapidement été associé à l’approche multiniveaux, car elle permet d’appréhender leur complexité en permettant d’établir une distinction entre différents niveaux d’analyse : le niveau macro (écosystème entrepreneurial), qui peut être envisagé à l’échelle régionale, nationale ou internationale ; le niveau méso (écosystème d’accompagnement entrepreneurial), qui peut être envisagé à l’échelle du secteur ou de l’industrie ; le niveau micro (écosystème d’incubation), qui fait référence au niveau organisationnel, également appelé écosystème d’affaires. Bien que cette approche soit prometteuse pour fournir une compréhension globale des différents niveaux des écosystèmes et permettre de situer le niveau d’analyse le plus propice à l’exploration de l’écosystème entrepreneurial, elle est limitée par sa vision unilatérale. Par exemple, la littérature récente soutient que la notion de l’écosystème dépasse les frontières régionales et nationales pour atteindre un niveau mégaéconomique à l’échelle internationale (Theodoraki, 2024). En parallèle, le niveau micro (organisationnel) ne se limite pas au niveau de l’incubateur ou de la structure d’accompagnement, mais peut également être étendu au niveau des start-up au sein des incubateurs ou encore l’écosystème des entrepreneurs constituant un niveau de microanalyse. Les structures d’accompagnement, telles que les incubateurs, pépinières, accélérateurs, sont étudiées dans cette perspective en tant que niveau intermédiaire, qui permet d’optimiser les interactions et les interdépendances entre les entrepreneurs et les politiques publiques. Deuxièmement, l’approche multiniveaux s’enrichit pour dépasser ses limites par l’approche systémique, qui adopte une vision écosystémique plus holistique. Cette approche soutient qu’un écosystème entrepreneurial est constitué de différentes couches qui composent différents sous-écosystèmes. Ainsi, un écosystème n’est pas seulement un ensemble d’éléments, mais aussi un ensemble au sein duquel différents sous-écosystèmes peuvent émerger et interagir. Nous pouvons considérer que l’écosystème entrepreneurial se décompose en sous-écosystèmes interdépendants, en interaction constante et présentant des éléments redondants. Par conséquent, certaines parties des sous-écosystèmes se chevauchent et offrent des zones de recoupement. Par conséquent, cette approche permet de mettre en évidence la présence des sous-écosystèmes qui émergent et opèrent au sein de l’écosystème entrepreneurial. De tels sous-écosystèmes peuvent refléter le sous-écosystème féminin, immigrant, de connaissance, institutionnel, etc. (Messeghem, Theodoraki et Carayannis, 2023). Troisièmement, au-delà de la nature …

Padlock

Access to this article is restricted to subscribing institutions and individuals; only the abstract or an excerpt is displayed.

Please view our access options for more information.

Access options

Appendices