Abstracts
Abstract
This article explores how contemporary television series use childhood as both a narrative and affective device to revisit trauma, vulnerability, and emotional complexity. Drawing on affect theory, intermediality, and cultural analysis, it examines how “minor feelings” emerge in serial storytelling. Rather than portraying childhood as a space of innocence, the article highlights its role as a site of conflict, memory, and unresolved tension. Focusing on the use of toys as vectors of memory, it analyzes flashbacks as tools to represent fractured temporality and the lasting impact of early emotions on adult subjectivity. Using the Quebec television series In Memoriam (Crave, 2024) as its central case study, the paper shows how toys can trigger traumatic recall and illuminate ongoing psychic wounds. Television’s capacity for repetition allows these minor feelings to circulate within spaces of nostalgia and unease, often mobilizing the uncanny. The paper argues that TV functions as a mobile archive of feelings, shaping how viewers engage with both personal and collective pasts.
Résumé
Cet article explore la manière par laquelle les séries télévisées contemporaines utilisent l’enfance comme dispositif narratif et affectif pour revisiter les traumatismes, la vulnérabilité et la complexité émotionnelle. S’appuyant sur la théorie des affects, l’intermédialité et l’analyse culturelle, il examine comment les « sentiments mineurs » émergent dans les récits sériels. Plutôt que de dépeindre l’enfance comme un espace d’innocence, l’article met en évidence son rôle en tant que lieu de conflit, de mémoire et de tensions non résolues. En se concentrant sur l’utilisation des jouets comme vecteurs de mémoire, il analyse les flashbacks comme des outils permettant de représenter la temporalité fracturée et l’impact durable des émotions précoces sur la subjectivité adulte. En prenant comme étude de cas centrale la série télévisée québécoise In Memoriam (Crave, 2024), l’article montre comment les jouets peuvent déclencher des souvenirs traumatiques et mettre en lumière des blessures psychiques persistantes. La capacité de répétition de la narration sérielle permet à ces affects mineurs de circuler dans des espaces de nostalgie et de malaise, mobilisant souvent l’inquiétante étrangeté. L’article soutient finalement que la télévision fonctionne comme une archive mobile des sentiments, façonnant la manière dont les téléspectateurs interagissent avec leur passé personnel et collectif.
