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Comptes rendus

Robert, Marc-André. L’Office du film du Québec. Le cinéma au service de l’État et de ses citoyens, 1961-1976. Québec, Septentrion, 2024, 450 p.[Record]

  • Olivier Côté

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  • Olivier Côté
    Musée canadien de l’histoire

L’histoire de l’Office national du film du Canada et de son rôle comme incubateur de talents dans le cinéma bénéficie d’une riche historiographie. Complémentairement, depuis plus de quinze ans, l’historien Marc-André Robert met en lumière un aspect méconnu, celui des initiatives cinématographiques du gouvernement québécois : d’abord, à travers la carrière de l’abbé Proulx (2009 et 2013), et maintenant, dans le présent livre, issu de sa thèse de doctorat (2020), centré sur les différentes moutures de l’Office du film du Québec (OFQ) et de son rôle dans la communication gouvernementale. Robert démontre rigoureusement comment l’Office et ses fonctionnaires sont autant les témoins que les acteurs de la construction de l’État moderne québécois durant la Révolution tranquille, comment ils interagissent avec le gouvernement et ses ministères à titre de producteurs, d’acheteurs et de distributeurs de films et comment, finalement, l’Office se constitue en agent de liaison étatique avec la société civile. L’auteur fait un examen méticuleux et nuancé des rapports de force internes entre dirigeants politiques et représentants de l’administration publique, et de l’impact des restructurations administratives sur la culture organisationnelle de l’Office. Il s’intéresse également aux débats parlementaires et médiatiques entourant le rôle de l’Office et de ses films, et aux tractations politiques sur les projets de loi qui visent la réforme du milieu du cinéma et de l’organisation. Robert utilise à cette fin des sources archivistiques souvent inédites : primordialement, les dossiers de l’OFQ et d’autres organismes du cinéma (BAnQ) ; les débats de l’Assemblée législative, devenue Assemblée nationale du Québec ; les articles de journaux (Le Devoir, Le Soleil). Il a aussi validé ses intuitions de chercheur, et pressenti de nouvelles pistes d’analyse, en ayant accès à d’anciennes entrevues et en discutant avec d’anciens cadres, fonctionnaires et collaborateurs de l’OFQ. Robert propose une analyse filmique d’une sélection de documentaires de l’OFQ, qui reprend les éléments significatifs de la narration et de l’image. Il s’excuse de ne pas offrir un traitement plus complet (trame sonore, cadrage, mouvements de caméra, etc.) et n’inclut pas de photos de ces films dans son ouvrage (affiches promotionnelles, plans du montage). Autant d’éléments qui auraient pu grandement enrichir son examen de leur intentionnalité politique, de leurs connotations, qu’ils aillent dans le sens de la narration ou non. L’ouvrage se divise en quatre parties. La première partie étudie l’institutionnalisation de la production du cinéma par l’État québécois. Le premier chapitre (1920-1940) relate les débuts avant-gardistes de la production et de la distribution de films par Gilbert Fournier (hygiène) et par Joseph Morin (agriculture). Le deuxième chapitre traite de la création du Service de ciné-photographie (1941-1961), qui uniformise et centralise les activités de l’État québécois en cinéma et photographie, et de sa politisation graduelle sous le règne du premier ministre Duplessis. Le troisième chapitre retrace la création et l’essor de l’OFQ (1961-1968) qui gagne une relative indépendance administrative par rapport au pouvoir politique. Le quatrième chapitre (1967-1983) s’intéresse à la période pendant laquelle l’Office est placé sous la responsabilité des ministères des Affaires culturelles et des Communications. La deuxième partie explore la nature des films produits par l’Office, les motivations de ses créateurs et leur contexte politique de production. Le cinquième chapitre prend comme point focal le film Baie James (1971) pour aborder la question des interventions politiques dans la structure de production des films, et de leur incidence sur le contenu. Le sixième chapitre met de l’avant un tableau statistique et qualitatif de la production de films de 1961 à 1975. Finalement, le septième chapitre fait un survol évolutif de la composition des collections cinématographiques du Service de ciné-photographie, puis de l’Office. …

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