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Recensions

Nicole Nolette, Traverser Toronto : récits urbains et culture matérielle de la traduction théâtrale, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2024, 240 p.[Record]

  • Liza Bolen

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  • Liza Bolen
    Université du Nouveau-Brunswick

Les premières lignes de Traverser Toronto : récits urbains et culture matérielle de la traduction théâtrale nous situent à l’été 2021, au moment où le monde des arts et spectacles commençait doucement à reprendre vie à la suite de la longue pause imposée par la pandémie de COVID-19. Ce repère temporel est important, car il permet de situer l’étude à un moment historique précis de la pratique théâtrale, mais aussi parce qu’il permet de saisir pleinement la place du théâtre dans la ville de Toronto et de voir comment sa présence, son histoire et son influence constituent une partie intégrante de l’identité de la capitale ontarienne. C’est donc le défi qu’entreprend Nicole Nolette dans cet ouvrage, soit de traverser Toronto tant par les genres et les styles théâtraux qui y coexistent que par les relations humaines, la langue, l’histoire et la diversité des pratiques. Ainsi, dès les premières pages, Nolette qualifie Toronto de « ville de Théâtre », nous rappelant qu’elle est la « troisième métropole du théâtre de langue anglaise, après Londres et New York » (p. 18). Elle considère aussi, en citant notamment les travaux de Sherry Simon dont le livre Translating Montreal (2006) a inspiré le titre de l’ouvrage, Toronto comme une ville de contact, de diversité et de pluralité. Les questions du multilinguisme et du postbilinguisme traverseront les chapitres, créant un cadre idéal pour une discussion nuancée et complexe sur les défis linguistiques et culturels liés à la traduction et à la pratique du surtitrage au théâtre. Dans le premier chapitre, Nolette analyse les travaux de John Van Burek, qui a dirigé le Théâtre du P’tit Bonheur de 1971 à 1974, puis de 1980 à 1991 (p. 43), et dont l’empreinte sur le paysage de la traduction au Canada est indéniable. Ses traductions, caractérisées par l’utilisation d’une langue attentive à rendre les sensibilités et les réalités culturelles et socioéconomiques des oeuvres, ont joué un rôle crucial dans la diffusion du théâtre français et québécois auprès d’un public majoritairement anglophone à Toronto. Cela est d’autant plus manifeste lorsqu’on considère ses nombreuses traductions des pièces de Michel Tremblay, qui illustrent particulièrement bien les enjeux associés aux niveaux de langue et aux équivalences. Le chapitre est ponctué d’extraits de documents d’archives découverts par l’auteure durant ses recherches à l’Université de Guelph, qui offrent une vue approfondie et fascinante du processus de traduction, souvent réalisé en partenariat avec Bill Glassco. L’analyse de ses travaux donne lieu, entre autres, à une réflexion sur la délicate question de la « vulgarité » du joual (qui est abordée avec une grande finesse, soulignons-le) et tient compte de l’influence du rythme des sacres québécois sur la musicalité du texte et les défis que pose sa traduction pour un public anglo-canadien. On y traite également de l’évolution de la langue, citant à cette occasion Van Burek, qui estime qu’une traduction doit être renouvelée tous les dix ans (p. 40). Dans le deuxième chapitre, Nolette continue la réflexion amorcée sur l’oeuvre de Michel Tremblay, qu’elle utilise ici comme tremplin pour traiter d’un sujet éclipsé dans le chapitre précédent : les femmes, leur rôle et leur influence sur le monde du théâtre torontois d’hier à aujourd’hui. En mettant en lumière les travaux de Marie-Lynn Hammond, de Lina Chartrand et d’Anne Nenarokoff-Van Burek, Nolette montre comment ces femmes ont traversé les frontières linguistiques et culturelles pour apporter leurs perspectives uniques à la scène théâtrale. L’auteure met en évidence leur capacité à brouiller les divisions entre les langues, les formes artistiques (notamment avec l’inclusion de la chanson chez Hammond) et les représentations du corps féminin au théâtre, un …

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